Engie GDF Suez

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par  Nicolas Gauthier le 22/04/2015

GDF, au moins, ça voulait dire quelque chose. Comme EDF – jadis Électricité de France -, GDF, c’était Gaz de France. Aujourd’hui, c’est ENGIE… Énergie en raccourci ? Ou Angie, célèbre tube des Rolling Stones sur lequel nous tentions, souvent en vain, de draguer dans les seventies du siècle passé ? D’ailleurs, on ne sait même pas comment ça se prononce. Condoléances, aussi, pour les salariés de l’entreprise ayant appris la nouvelle par voie de presse.

Et France TV Info de nous instruire : « En la matière, il existe des effets de mode : nous avons ainsi vu fleurir les suffixes “is” et “eo” et les doubles lettres des entreprises telles que Google, Wanadoo ou Kelkoo les années passées. Avec ENGIE, le message est clair : universalité et empathie, voire légèreté tant le nouveau logo convoque plus l’univers d’un Danone que d’un géant industriel. Une fois le nom trouvé, le plus difficile reste à accomplir : convaincre les salariés, inquiets de la réorganisation interne dont le changement de nom n’est que la partie émergée de l’iceberg… »

Réponse de Gérard Mestrallet, nouveau mogul de l’entreprise en question, dans un récent entretien accordé aux Échos : « Le monde de l’énergie connaît des bouleversements profonds. La transition énergétique est plus que jamais une réalité. Présent dans 70 pays et sur l’ensemble des métiers de l’énergie, notre groupe est au cœur de ces transformations. Pour accompagner ces défis et accompagner notre développement, nous avons pris la décision de doter GDF Suez d’un nouveau nom : ENGIE. Un nom simple et fort, qui évoque l’énergie pour tous et dans toutes les cultures. »

Bon, le plus beau vient après. Avec le slogan idoine, la punch line adéquate : « By people for people », ce qui ne veut à peu près rien dire, mais qui en jette. Ça aussi est censé être compréhensible par le commun des petits Terriens : « Par le peuple et pour le peuple », ou un truc approchant. Oui, il paraît que l’heure est à la mondialisation, ce qui n’est pas fondamentalement faux. Mais dans cette mondialisation, on avait cru comprendre que la « marque France » était aussi un atout de première ampleur.

Il est à craindre que non.

Alors, pourquoi le faire en « english » ; pardon, en « globish », puisque c’est de ce sabir n’entretenant que de lointains rapports avec la langue de Conan Doyle qu’il s’agit désormais ? Good question. Pareillement, il sera tout aussi licite de se poser la question qui suit : why toutes ces sociétés censées porter le savoir-faire français de par le vaste monde communiquent-elles toutes in english ? Citroën ? « Creative technologie » Peugeot ? « Motion and Emotion ». Lacoste ? « Life is a beautiful sport ». Un peu comme si les regrettés magasins Félix Potin avaient inscrit, en guise d’enseigne : Fuck ta mère…

Pour en revenir à GDF, il y aurait comme un peu d’eau dans le gaz in the maison France.