Chauprade Aymeric

Déjà écarté de la tête de la délégation FN au Parlement européen, le député européen Aymeric Chauprade fait désormais l'objet d'une enquête pour sa vidéo controversée sur l'islam, a-t-on appris de sources judiciaire et proches du dossier.

Ouverte par le parquet de Paris, elle a été ouverte pour provocation à la haine, à la violence et à la discrimination à raison de l'appartenance à une religion, et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). 

Ces faits avaient notamment été signalés au parquet par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). De son côté, SOS Racisme avait aussi annoncé une plainte. Dans la vidéo postée après les attentats de Paris des 7 et 9 janvier, le député européen appelait à la «lutte pour la désislamisation de notre pays». «On nous dit qu'une majorité de musulmans est pacifique, certes. Mais une majorité d'Allemands l'étaient avant 1933 et le national-socialisme», affirmait-il notamment, dans un passage visé par l'enquête.

Dans un communiqué publié sur son site, Aymeric Chauprade a annoncé qu'il ne se rendrait pas à une convocation de la police dans le cadre de cette enquête, en faisant valoir son immunité de député européen. Si cette immunité empêche toute mesure coercitive, comme une garde à vue, l'immunité ne fait pas obstacle à un procès. L'eurodéputé était en plus convoqué pour une «audition libre», a expliqué une source judiciaire.

Ses propos, dénonçant aussi une «cinquième colonne puissante» en France pouvant «à tout moment se retourner contre nous», avaient suscité de vives réactions. Avant de lui retirer ses fonctions de chef de la délégation FN à Bruxelles, Marine Le Pen lui avait enlevé son titre de conseiller aux affaires internationales. La vidéo avait également provoqué des frictions entre la présidente du FN, Marine Le Pen, et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen. La députée du Vaucluse avait désobéi à sa tante en relayant la vidéo d'Aymeric Chauprade sur son compte Twitter

Depuis cet épisode, Aymeric Chauprade s'est rapproché de Marine Le Pen. Il l'a ainsi accompagné fin mai en Egypte, où elle a rencontré le Grand Imam d'Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite. Selon l'institution, le cheikh Ahmed al-Tayeb a fait part à la dirigeante frontiste de ses «sérieuses réserves» concernant ses «positions hostiles à l'islam et aux musulmans», tandis que Marine Le Pen a évoqué ses «nombreuses convergences de vue» avec le Grand Imam.

Le 05/06/2015 avec AFP

Le Parisien