Gendarmerie mobile dossards

Après quatre nuits de violences et incidents à Tourcoing (Nord), des dizaines d'interpellations sur fond d'une présence accrue des forces de l'ordre, les premiers défèrements devant la justice étaient attendus vendredi.

Le bilan de la nuit de jeudi à vendredi, qualifiée néanmoins de "plus calme" que les précédentes par Gérald Darmanin, député-maire Les Républicains de cette grande ville de l'agglomération lilloise, fait état de 14 voitures incendiées, trois feux de poubelle, et 12 interpellations dans le quartier de la Bourgogne.

Le parquet de Lille a également fait part de deux interpellations à Roubaix, une localité voisine, après des feux ou tentatives d'incendie de poubelles. Les troubles ont éclaté après la mort dans la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier de la Bourgogne, d'un des passagers d'un véhicule qui a refusé de s'arrêter lors d'un contrôle de police et a percuté un arbre.

Ce quartier particulièrement défavorisé est touché par un fort chômage qui monte à plus de 50% chez les jeunes, et où presque 9 habitations sur 10 sont des logements sociaux. Les personnes interpellées ont été placées en garde à vue, principalement pour participation à un attroupement. L'une d'entre elle l'a été pour violence sur policier, par jet de projectile.

Cinq des 14 individus concernés sont mineurs, certains étant venus de Belgique, a souligné le procureur adjoint Bruno Dieudonné. En outre, sur les 23 personnes placées en garde à vue les nuits précédentes, 14 ont relâchées, mais d'autres devraient atterrir rapidement devant un juge: au moins quatre défèrements pourraient intervenir vendredi, avec comme conséquence pour certains un passage en comparution immédiate.

Pas d'affrontements majeurs 

Après trois nuits de violences, un important dispositif de sécurité avait été déployé dans le quartier: près de 150 policiers et gendarmes sur le terrain appuyés par un hélicoptère dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Jeudi, plusieurs dizaines de gendarmes qui s'étaient concentrés sur la place de la Bourgogne, épicentre éponyme du quartier, ont subi quelques provocations et jets de briques en leur direction peu avant 23H30, une fois la nuit tombée. Les auteurs de ces faits, une vingtaine semble-t-il, ont ensuite rapidement pris la fuite, sous le regard curieux de quelques habitants du quartier venus voir ce qu'il se passait. Le reste de la nuit n'a pas vu d'affrontement majeur.

Sur place, la tension restait palpable mais la présence des forces de l'ordre semblait avoir contenu certaines velléités. "On voit passer des voitures qu'on ne connaît pas", remarquait un habitant, suggérant que des personnes extérieures venaient participer aux violences.

Les pompiers de leur côté sont intervenus dans la nuit pour un total de 26 voitures brûlées et six feux de détritus à Tourcoing mais aussi dans les communes voisines de Wattrelos et Roubaix. Le procureur de Lille, Frédéric Fèvre, avait tenu jeudi à faire le point sur l'accident à l'origine des tensions, en affirmant que les policiers n'étaient "en rien impliqués" malgré des rumeurs faisant état du contraire. "Si cette nuit a été un peu plus calme (...) je pense qu'on le doit beaucoup aux forces de police", a observé Gérald Darmanin, lors d'un entretien sur France Bleu Nord.

Interrogé sur son silence depuis le début des événements, M. Darmanin a expliqué avoir voulu attendre l'inhumation du jeune homme décédé, qui a eu lieu jeudi. "Je n'ai pas été élu maire de Tourcoing pour laisser faire et pour acheter une paix sociale. Ce qui compte c'est que l'ordre soit rétabli. On mettra beaucoup de temps et en même temps nous travaillons pour la rénovation du quartier, pour la création d'emplois, pour la formation", a assuré le député-maire.

Le 05/06/2015

L'Essor de la Gendarmerie