Syndicats

PARIS (Reuters) - Sept organisations syndicales ont lancé vendredi un appel commun à lutter contre le racisme, l'antisémitisme, le fondamentalisme, une initiative inédite inspirée par "l'esprit du 11 janvier" qui fait du Front national sa principale cible.

Le document, intitulé "Après le 11 janvier, vivre ensemble, travailler ensemble", porte la signature de la CGT, de la CFDT, de la CTFC, de la CFE-CGC, de l'Unsa, de la FSU et Solidaires. Force ouvrière ne s'y est pas associé.

"Le mouvement syndical porte des valeurs de fraternité, d'humanisme, et il nous a semblé que dans cette période troublée (...) c'était notre rôle de réaffirmer ensemble ces valeurs", a souligné Laurent Berger lors d'une conférence de presse.

Le secrétaire général de la CFDT a précisé que ce geste unitaire ne "gommait rien des divergences et des différences".

L'appel, qui formule des pistes ou rappelle des points de l'agenda social, comme la renégociation programmée de l'accord national interprofessionnel de 2006 en faveur de la diversité, n'avance proprement pas de solutions nouvelles mais réaffirme la détermination des syndicats à oeuvrer à une société apaisée.

Au fil de cinq thèmes (emploi, discriminations, développement territorial, éducation, laïcité au travail), ils assurent de leur volonté, en des formules parfois désincarnées, de "tisser le lien social", de "refonder des solidarités nouvelles", de "redonner confiance et espoir à ceux qui travaillent (...) et qui craignent pour leur avenir".

Même s'ils se défendent de focaliser leur action contre le FN, qui capte désormais une partie du vote ouvrier, les dirigeants syndicaux affirment une ligne politique en vue des échéances électorales à venir, les régionales de décembre puis la présidentielle de 2017.

"Ce manifeste (...) réaffirme que le syndicalisme doit continuer d'être le rempart contre toute forme d'extrémisme et d'exclusion dans le pays", a dit Philippe Martinez (CGT).

L'objectif rappelé plusieurs fois dans l'appel est de "barrer la route au populisme, aux idées d'extrême droite", ces "idées nauséabondes" qui parfois tentent "nombre de chômeurs et de chômeuses, de travailleuses et de travailleurs confrontés aux dures réalités du quotidien", peut-on lire.

Le 05/06/2015

Google news

Note BYR : Rire !