Gendarmes mobiles Marseille

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par Michel Lhomme le 11/06/2015
Il aura fallu quelques jours pour avoir quelques images. Au Figaro, ce fut service minimum. Nous étions à quatre journées d'émeutes mais les chiens de garde du système, les journaleux n'en disent rien. Qui peut encore aujourd'hui lire les journaux ? Surement pas ceux qui habitent ces quartiers et qui voient le suprême mépris dans lequel on les laisse.

Alors comment voulez-vous que l'on réagisse face à ces impuissances avouées? En adorant la police ! Surtout pas.

Nous sommes en France dans un Etat de droit où depuis des années des zones entières sont sous le contrôle des trafiquants où les garants de la sécurité des citoyens n'ont, en fait, pas le droit d'entrer, pire même, ils ne veulent plus entrer (c'est le cas par exemple à Villeurbanne).  

Mais au fait que craignent leurs donneurs d'ordre ?

Journalistes, politiques et forces de l'ordre craignent le rapport de force et ce, même après le 7 janvier dont on vient d'apprendre que les proches des victimes n'ont toujours pas été indemnisés. Préfets et procureurs, le ministre de l'intérieur sont tous muets quand une ville comme Tourcoing est en émeute durant quatre jours obligeant à fermer quelque temps la frontière avec la Belgique.

Vous l'avez su ? Non !

Parce qu'ils craignent que cela se sache, que cela se diffuse comme une traînée de poudre, que cela provoque l'étincelle qui embrasera les banlieues rebelles. Au Ministère de l'Intérieur, on souhaiterait plutôt un été pluvieux et on serait presque capable d'en appeler au projet Haarp, si c'était possible !

Ainsi, tous les week-ends, un jeune poursuivi qui chute de son scooter ou envoie sa voiture dans un arbre et c'est l'émeute qu'il faut cacher. Alors, tous les soirs, les rondes de police évitent les malfrats mais rackettent les citoyens solvables. On craint l'explosion au point de faire, comme chez les "Ripoublicains" des colloques à huis clos sur l'Islam ou de fermer les yeux sur les gros dealers.

Et puis, il y a les armes. D'après le Ministère de l'Intérieur, 30 000 armes dont 15 000 kalachnikovs se trouveraient dans les banlieues. Un chiffre qui est forcément minimisé quand on sait que 3 à 7 millions d'armes circulent illégalement en France. Or, après les attentats de janvier, aucune opération d'ampleur nationale - une opération qui pourtant s'impose - n'a été engagée sur le trafic d'armes. A l'inverse, les trafiquants d'armes se sont réorganisés et structurés dans de nouvelles filières libyennes et syriennes.

En fait, le rapport de force fait trembler en coulisses les autorités. Selon les derniers chiffres, la Police nationale compte plus de 120 000 actifs quand la gendarmerie en dénombre près de 100 000. En cas de pépin, cela ne sera pas suffisant. Faudra-t-il alors en appeler à la Légion comme le préfet de Mayotte l'a fait ce week-end ? Elle est ailleurs et ce serait alors un autre État.

La peur du rapport de force auquel, tôt ou tard, nos gouvernants n'échapperont pas malgré leurs conceptions antiracistes forcenées, explique qu'il n'y a pas de sécurité territoriale dans certains quartiers et aussi plus de presse. La peur du conflit ou la volonté cynique d'entretenir des tensions, voilà la raison de la lâcheté politique, mais aussi du vide sidéral de la presse française.

Que disent les élus de Tourcoing, qu'ont-ils rappelé aux journalistes lors de leur dernier conseil municipal ? Que les auteurs des émeutes ne sont « pas des jeunes mais des délinquants » mais...la police poursuit-elle encore les délinquants ?