1er mai 2014 podium 3

Ira, ira pas… Marine Le Pen mettra fin mardi au suspense autour de sa candidature dans le Nord Pas-De-Calais-Picardie. Si elle confirme, la présidente du Front National pourrait utiliser sa notoriété pour servir de vitrine à la conquête des régions par le FN. A la faveur du mode de scrutin - proportionnel à deux tours, avec prime majoritaire au second tour -, le FN devrait cette fois parvenir à peser dans la balance puisqu'il sera représenté au sein des assemblées, quand bien même il ne prendrait pas de région. Compte tenu des scores obtenus aux dernières élections, il devrait pouvoir d'affirmer sérieusement dans 4 des 13 nouvelles grandes régions créées à l'occasion de ce scrutin. Etat des lieux.

 Nord Pas-De-Calais-Picardie Marine Le Pen devrait annoncer sa candidature dans la future 3e région de France (6 millions d'habitants) ce mardi, forte d'un premier sondage assez favorable : 31 % des voix au premier tour selon l'Ifop pour La Voix du Nord, devant Xavier Bertrand (Les Républicains, 28 %). Lors des départementales de mars dernier, les électeurs de la plupart des départements qui composent cette région avaient placé le FN en tête à près de 35 à 40 % des voix. De quoi laisser Marine Le Pen espérer emporter le scrutin, et construire ainsi une rampe de lancement pour le FN dans l'optique de la présidentielle de 2017, à laquelle elle sera également candidate. La progression continue du parti depuis 2012 dans les nouveaux bastions du Pas-de-Calais et de la Picardie accrédite ce scénario. Une droite unie derrière Xavier Bertrand pourrait l'infléchir.

 Provence-Alpes Côte d’Azur La benjamine de la famille Le Pen, la députée Marion Maréchal, est l'une des têtes d'affiche du scrutin qui se jouera dans le sud du pays. La petite fille de Jean-Marie Le Pen pourra s'appuyer sur les scores très élevés aux départementales de mars 2015, dans le Vaucluse (37,4 % au premier tour), le Var (38,9 %) et le Gard (35,6 %). Et prendre une revanche sur le scrutin de mars, qui avait échappé au FN en raison du mode de scrutin majoritaire. Alors que la gauche au pouvoir en PACA semble affaiblie, une âpre campagne oppose la députée au médiatique maire de Nice Christian Estrosi (Les Républicains), choisi par Nicolas Sarkozy pour rassembler l'électorat de droite dans cette région de 4,9 millions d'habitants.

 Alsace Champagne-Ardenne Lorraine Sur ce vaste territoire qui englobe les 5,5 millions de Français de l'est de l'hexagone, la liste des régionales sera conduite par la figure médiatique du FN : son numéro 2 Florian Philippot. Ce dernier n'est pas totalement inconnu de ces électeurs puisqu'il avait déjà conduit la liste des Européennes dans la circonscription Est. Il avait alors pris la tête du scrutin de juin 2014, avec 29 % des voix, devant la candidate ex-UMP Nadine Morano. En mars, le FN avait réalisé des scores importants, entre 27 et plus de 30 % dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le Doubs. Bémol: la droite a montré sa vitalité dans ce secteur lors du dernier scrutin.

 Bourgogne Franche-Comté Dans cette région de 2,8 millions d'habitants, le FN a investi Sophie Montel, l'élue qui s'était déjà illustrée lors d'une législative partielle dans le Doubs remportée de justesse par la gauche. Si le FN semble avoir peu de chances de remporter cette région, il pourrait peser largement dans le scrutin dans l'hypothèse où il maintiendrait les scores réalisés en mars dernier (29,4 % dans le Doubs). Les deux inconnues seront bien sûr la capacité de résistance de la gauche et la dynamique de la droite lors du scrutin de décembre 2015.

Par Vincent Michelon le 29/06/2015

Metro