Ministère de l'Intérieur

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma      connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par Philippe Franceschi le 06/07/2015

C’est la panique au ministère de l’Intérieur et personne ne peut s’en réjouir car cela n’est pas rassurant du tout. Jusqu’à maintenant, les attentats terroristes islamistes portaient la marque de djihadistes ayant séjourné en Syrie, en Iraq, au Yémen ou en Afghanistan. Or, voilà que Yassin Salhi, l’auteur de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier en Isère, fait voler en éclats un tabou. Oui, les salafistes présents sur notre sol et dont l’influence grandit dans les mosquées peuvent aussi passer au terrorisme par décapitation, type Daech. On les pensait radicalisés religieusement mais inoffensifs. On avait « oublié » qu’il s’agit d’un mouvement sunnite revendiquant un retour à l’islam des origines fondé essentiellement sur le Coran et la Sunna (charia). Et patatras, nous voilà dans la mouise. Il ne manque plus que la survenance d’un attentat dont l’auteur sera un « migrant » envoyé par Daech, inconnu des services de renseignement – événement fort probable – et la panoplie sera complète.

Notre inquiétude est légitimement accrue par le manque total d’indignation collective, claire et forte des musulmans de France, genre manifestation du 11 janvier, concernant la décapitation de Saint-Quentin-Fallavier. Aucun communiqué, non plus, sur le site du CFCMMême les Français semblent résignés et faire preuve d’une résilience coupable.

Dès lors, on comprend mieux l’appel de Bernard Cazeneuve le 1er juillet, lors de son allocution à la Grande Mosquée de Paris. « Le meilleur rempart contre le terrorisme, ce sont les musulmans de France eux-mêmes. » Quel aveu d’impuissance et d’échec, quinze jours après la première réunion de la nouvelle instance de dialogue avec l’islam où cette question n’avait pas été posée car elle n’était pas ressortie des réunions préparatoires… Cette question est maintenant d’actualité. On attend les propositions du CFCM. Panique, je vous dis, panique, serrons les fesses.

Comme pour enfoncer le clou, volontairement ou involontairement, Malek Boutih, l’ami essonnien de Manuel Valls, a rendu le 3 juillet un rapport sur la montée de l’islamisme en France, un cri d’alarme pour ceux qui ne veulent toujours pas voir la réalité. Malheureusement, ses propositions qui passent par l’école, la culture, les familles et la nécessité de réaffirmer avec force le credo républicain sont éculées et n’apportent rien au débat.

Nous voilà donc beaux, avec un gouvernement tétanisé, qui subit, comme le montre la succession de lois antiterroristes s’adaptant à chaque nouvel attentat, incapable d’anticiper les mesures exceptionnelles que nécessite la situation, comme il est incapable de mettre en place un plan de reconquête des zones sensibles de non-droit et qui, maintenant, panique. Je ne comprends pas cette faillite morale alors que les Français attendent justement l’avènement d’un État intraitable et fort et qu’il y a beaucoup à faire.

Consolons-nous avec la qualité de nos services de renseignement qui font de l’excellent travail en fonction des outils mis à leur disposition, ainsi que l’excellence de nos unités d’intervention antiterroristes (GIGN et RAID) qui se préparent à une POM (prise d’otage massive), au cas où…