France verte 1

Boulevard Voltaire

Par Karim Ouchikh, président du SIEL, administrateur du RBM, le 07/07/2015

La question écologique est au centre de tous les débats. Avec son encyclique Laudato si’, le pape François vient d’appeler « chaque habitant de cette planète » à une conversion écologique qui intégrerait les droits des plus défavorisés. En décembre prochain, la France va accueillir, sous l’égide des Nations unies, la 21e conférence internationale sur le climat, avec pour ambition la signature d’un premier accord contraignant pour le maintien d’une température globale de la planète en deçà de 2 °C.

L’étendue des désordres écologiques contemporains est cependant largement incomprise : aux atteintes ordinaires à notre environnement s’ajoute en effet une menace nouvelle qui s’étend à l’intégrité aussi bien de la personne humaine qu’à celle des peuples. L’ampleur de cette mutation écologique est telle qu’elle fait craindre désormais une modification radicale de notre rapport au monde.

Notre modèle économique de développement intensif n’épargne aucun continent et rend compte de réalités quotidiennes éminemment anxiogènes : dérèglements climatiques, expansion urbaine, épuisement des ressources maritimes, forestières et agricoles, mépris du monde animal et végétal, destruction des paysages et des patrimoines historiques… Autant de périls durables frappant notre environnement qu’amplifie une démographie planétaire galopante qui échappe, de fait, à toute politique de régulation.

Notre vision ancestrale de l’homme vacille tout autant. Sous les coups de boutoir d’une idéologie libérale-libertaire qui puise ses ressorts dans un univers de pensée déconstructiviste, né sous des cieux anglo-saxons au lendemain des années 60, l’homme n’est plus à présent qu’un individu désacralisé, dépouillé de sa dignité absolue, appelé à s’arracher à toutes ses appartenances naturelles : la défense de la vie (de la conception à la mort), le respect du modèle familial traditionnel (institution du mariage, droit de l’enfant à avoir un père et une mère, altérité femme/homme), le refus de toute marchandisation du corps (GPA, PMA), la préservation de notre héritage culturel, moral et spirituel (transmission des savoirs fondamentaux, patriotisme, modèle anthropologique d’inspiration chrétienne) deviennent les cibles stratégiques d’une vaste offensive matérialiste visant à l’avènement d’un homme nouveau dont le déracinement garantira de ses capacités à consommer.

En ce début de XXIe siècle, les peuples demeurent une réalité solide que des logiques mondialistes cherchent pourtant à abolir dans l’espoir de bâtir un espace sans frontières voué à la prospérité économique de quelques redoutables prédateurs (multinationales, mafias, élites corrompues) et à l’émergence de puissances spirituelles nouvelles (califat islamique, oumma). Tous les moyens sont alors bons pour déstabiliser les bornes naturelles qui encadrent les peuples : que ces leviers soient pacifiques (soft power américain, création d’ensembles à vocation supranationale, de l’espace Schengen au traité transatlantique) ou bien belliqueux (conflits militaires, flux migratoires, prosélytisme religieux), il s’agira, chaque fois, de briser le sentiment d’appartenance commune des peuples en s’attaquant à l’homogénéité ethnico-culturelle du corps social.

Si l’écologie authentique correspond à l’expression d’une réalité objective, celle du respect intangible des grands équilibres, force est de constater que nous entrons de plain-pied dans une période de chaos sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

Pour ne pas y sombrer corps et biens, il nous appartient donc de relever collectivement le défi écologique, avec lucidité et détermination, en ne séparant jamais ses trois dimensions indivises : protection de l’environnement, défense de la personne humaine, préservation de l’identité des peuples.