Gabriel Robin CLIC

Tribune Libre de Gabriel Robin ,Secrétaire Général du Collectif Culture, Libertés et Création du Rassemblement Bleu Marine, publiée dans Valeurs Actuelles de cette semaine.

Pour lui, « Les Etats occidentaux, et au premier rang la France, portent une immense responsabilité dans la débâcle actuelle face à l’Etat islamique ».

L’expansion de l’Etat Islamique est constante depuis juin 2014. Rien ne semble pouvoir arrêter cette force destructrice et totalitaire. En effet, les combattants islamistes n’ont pour l’instant perdu que trois batailles. Ils ont été battus par les Kurdes à Kobané, et plus récemment à Tal Abyad, et par les Irakiens à Tikrit. Pour le reste, leur ascension est irrésistible. Leur territoire immense s’étend de l’Irak à la Syrie, notamment sur l’axe routier entre Mossoul et Rakka. Bientôt, l’appétit du Califat risque de se porter sur le Liban et la Jordanie. Nous ne pouvons pas laisser ces supplétifs des forces de la mort continuer à prospérer impunément, jusqu’à menacer la sécurité des peuples européens. Les Etats occidentaux, et au premier rang la France, portent une immense responsabilité dans la débâcle actuelle.

Renforcer les fronts d’opposition 

L’Etat Islamique se bat sur trois terrains principaux pour le moment : Kurdistan au nord, Syrie alaouite à l’ouest, et Irak chiite au sud. Ils n’auraient jamais du tenir face à ces trois armées, preuve de complicités objectives au sein du Moyen-Orient, et de manque de volonté sincère à les abattre de la part du monde occidental. Par idéologie, lâcheté, ou inconséquence ; les dirigeants européens, et notamment François Hollande, n’ont pas, ou insuffisamment, aidé ces trois forces d’oppositions majeures à l’Etat Islamique.

L’Iran chiite doit être perçu comme un allié majeur et aidé en ce sens. Nous ne pouvons pas camper sur de vieilles positions, aujourd’hui anachroniques. L’armée Irakienne n’est pas assez performante pour être laissée seule, elle a besoin de l’expérience des Iraniens. Nous devons aider matériellement l’Iran, afin que l’Etat perse puisse entamer, conjointement avec l’Irak, une reconquête militaire des territoires perdus à l’Est. C’est un impératif.

La Syrie alaouite de Bachar Al-Assad, honteusement attaqué par la coalition occidentale, doit aussi être soutenue de toutes nos forces. Les Etats occidentaux ont à faire amende honorable, et reconnaître leurs erreurs morales et stratégiques. Damas ne peut pas tomber, ou demain Beyrouth tombera aussi !

Les courageuses forces Kurdes sont déjà partiellement soutenues, mais la Turquie pratique une sorte de chantage à l’égard de l’Europe. Nous devons être inconditionnellement derrière les Kurdes. Tant par à l’amitié à l’ égard des différentes minorités religieuses, notamment les polythéistes Yazidis et les chrétiens présents de ces régions, que par intérêt militaire direct.

La victoire passe d’abord par le renforcement, logistique, humain, et militaire, des trois principaux fronts opposés à l’Etat Islamique.

Sanctionner les Etats complices et redéfinir nos alliances (couper les sources de revenus de l’Etat Islamique) 

L’Etat Islamique bénéficie déjà d’un budget conséquent, estimé à deux milliards de dollars par an. Si nous ne pouvons pas couper certaines sources de financement, comme les ressources agricoles internes, ou l’argent de l’impôt perçu par l’Etat Islamique sur les populations soumises, nous pouvons faire pression sur le marché de la contrebande entre l’Etat Islamique et la Turquie. Autre source de revenus particulièrement abjects : le trafic d’êtres humains à destination des pays du Golfe et des pays musulmans d’Asie (Indonésie, Pakistan…).

Nous ne pouvons raisonnablement pas continuer à maintenir des relations diplomatiques honnêtes avec la Turquie, dont tout laisse à penser qu’elle est complice de l’Etat Islamique. Le pétrole de contrebande de l’Etat Islamique transite par la Turquie d’Erdogan, et les œuvres d’arts de longue mémoire pillés par ces barbares pénètrent les marchés occidentaux, et arabes, via la voyoucratie ottomane. Notons aussi, que la plupart des djihâdistes européens passent par la Turquie avant de se rendre dans l’Etat Islamique.

Si la Turquie s’entête à se rendre complice des pires exactions, peut-être devrons-nous envisager de fortes sanctions diplomatiques et économiques. La politique impériale turque traditionnelle s’oppose directement à nos intérêts, nous ne pouvons pas le tolérer. Erdogan est un grand dirigeant, une sorte de Bismarck ottoman, qu’il ne faut surtout pas sous-estimer.

L’Arabie Saoudite, et son complice occasionnel le Qatar (l’entente n’est pas tout le temps au beau fixe), devront aussi clarifier leur position à l’égard de l’Etat Islamique. Au début de la guerre civile syrienne, les pétromonarchies ont financé les djihâdistes, tant par détestation des « hérétiques » syriens, que par volonté d’affaiblir un allié de l’Iran honni. Pourtant, effrayées par leur golem, les pétromonarchies se sont jointes à la coalition internationale. Il ne fait pas de doute que cette alliance de façade n’est motivée que par la crainte de sanctions. De nombreux groupes secrets des Etats profonds saoudiens et qataris continuent de financer l’Etat Islamique, et commercent avec ce dernier. Cela est intolérable. Dans le monde sunnite, l’Egypte actuelle apparaît en revanche comme une force positive pour l’avenir, un grand pays qui ne cède rien aux terroristes.

Les Etats-Unis ont trop longtemps été les complices objectifs des forces islamistes, pour les mêmes raisons que leurs alliés saoudiens. Notre soumission à Washington nous a fait perdre tout le crédit dont nous bénéficiions au Moyen-Orient, ainsi que notre honneur car nous avons abandonnés de vieux alliés historiques et des peuples qui étaient placés sous notre bienveillance. Il nous sera difficile de regagner notre prestige auprès des minorités religieuses de la région, et surtout auprès des chrétiens d’Orient, mais nous devons nous y employer. Il est par ailleurs vital, de renouer des relations de confiance avec la Russie, qui a eu une attitude exemplaire dans le cadre de ce conflit, comprenant que l’Etat Islamique est une base arrière de l’accélération de l ’islamisation en Europe, et de son corollaire : le terrorisme.

Lutter contre les sympathisants présents en Europe avec la plus grande fermeté 

S’il ne faut pas comparer directement l’idéologie salafiste à celle du néo-Califat de l’Etat Islamique, la proximité est évidente.

D’ailleurs, très souvent, les mosquées salafistes en France servent d’antichambre idéologique aux futurs candidats au djihâd armé, tant sur nos terres, qu’en Irak et en Syrie. Dans cette perspective, il est urgent d’interdire les mosquées salafistes en France, de renvoyer instamment tous les prédicateurs étrangers, et de déchoir les prédicateurs binationaux de la nationalité française afin de les expulser aussi. Ce sont là des mesures d’urgence, néanmoins insuffisantes.

Les binationaux partis au djihâd à l’étranger doivent être déchus de la nationalité française et interdits de territoire. Ils ne doivent plus revenir en France, et ce sous aucun prétexte, y compris les mineurs. Dans un second temps, nous devons interdire toutes les nouvelles constructions de mosquées sur le territoire national. Nous ne connaissons pas leurs sources de financement, par conséquent elles présentent un danger pour la sécurité nationale. Il n’y a pas à aller plus loin dans la justification. De même, une politique d’immigration saine permettra d’empêcher l’arrivée de nouveaux terroristes qui se cachent sur les embarcations en provenance d’Afrique. Toutes les personnes fichées pour sympathie avec la cause du terrorisme islamiste doivent être placées en détention administrative,  et, si possible, expulsées du territoire.

La France ne doit plus céder aux revendications communautaires islamiques. La faiblesse appelle la force. Plus nous céderons, plus ils demanderont.

Source : Valeurs Actuelles

Le 22/07/2015

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