Terrain militaire

Afin de protéger ses sites de munitions, le ministère de la Défense prend des mesures immédiates de renforcement de la sécurité avec notamment l'installation de caméras de surveillance et de systèmes d'alarme. Plus de 160 millions d'euros seront consacrés à l'amélioration de protection des bases militaires.

Accablant. Le rapport remis à Jean-Yves Le Drian par la direction de la protection des installations, moyens et activités de la défense (DPID) , un mois après le vol du dépôt militaire de Miramas, ne laisse pas place au doute. «Le constat est accablant. Il montre un cumul de responsabilité individuelle et de l'organisation globale défaillantes. Le site était, et c'est un euphémisme, mal protégé», explique-t-on à l'hôtel de Brienne.

Le 6 juillet dernier, ce dépôt de munition isolé, situé à une vingtaine de km de Berre l'Etang dans le sud-est de la France avait été cambriolé: 170 détonnateurs, 40 grenades, une soixantaine de «bouchons allumeurs» ainsi qu'une dizaine de pains de plastic de 250 grammes ont été volé en tout impunité; Les cambioleurs n'ont en efffet pas été dérangés puisque les hangars de stockage ne sont pas équipés d'alarme ni de caméras de surveillance.

Portes blindées et caméras pour les magasins de munitions

Le ministère de la défense réagit en lançant trois initiatives. D'abord, un plan d'urgence qui concerne la centaine de dépots de munitions français et, plus particulièrement, les 10 sites sensibles car isolés: ils ne sont pas intégrés sur une base militaire. Des km de barbelés, des centaines de caméras de vidéo surveillance et de systèmes d'alarmes, déjà commandés, sont en cours d'installation. En outre, une centaine de militaires supplémentaires sont affectés à la protection de ces 10 bases isolées. Au total, quelque 8 000 militaires, gendarmes et agents de sécurités assurent la protection de l'ensemble des bases militaires françaises.

Deuxième initiative, un plan de restauration et reconstruction des magasins de stockage dont beaucoup sont vétustes et dégradés. Ils seront dorénavant équipés de portes blindées et de caméras de surveillance intégrées. Le ministère de la défense consacrera 60 millions d'euros pour ce programme de réhabilitation et modernisation en profondeur.

Enfin, Jean-Yves Le Drian lance un plan plus global de renforcement de la protection des sites des armées. «face aux nouvelles menaces, par exemple des drones survolant des sites sensibles, nous changeons de braquet. Miramas a été une alerte en quelque sorte très opportune pour nous adapter», résume-t-on dans l'entourage du ministre de la défense. A cet effet, un budget de 100 millions d'euros sur trois ans (2016-2018) sera débloqué dans le cadre des crédits de la Loi de programmation militaire (2014-2019).

Par Véronique Guillemard le 30/07/2015

Le Figaro