Delaunay PS

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
 
Par Caroline Artus le 01/08/2015

Vous vous souvenez de Michèle Delaunay, ancien ministre délégué aux Personnes âgées et à l’Autonomie, sous le gouvernement Ayrault ? Dans un tweet du 27 juillet, elle a exprimé sa colère.

En cause, le « titre honteux duFigaro » : « Le 29 juillet, les Français commenceront à travailler pour eux et plus seulement pour remplir les caisses de l’État. » 

« Cette présentation, et en particulier l’expression “remplir les caisses de l’État”, est délétère sur tous les plans. On a envie de répondre : “Et s’ils sont malades, ils se soigneront eux-mêmes au lieu d’aller à l’hosto, s’ils sont agressés, ils se défendront à coup de parapluie, etc.” La dévalorisation de l’impôt relève d’un populisme atroce. »

Madame Delaunay ? Cancérologue, ancien chef de clinique, députée socialiste, mariée, sans enfant, au moment de rendre public son patrimoine élevé à 5,4 millions d’euros, vivra « une épreuve au premier sens du terme ». Le fruit de deux carrières professionnelles et d’héritages. Rien de mal à cela. Et, pour la députée,« l’essentiel de ce que m’ont légué mes parents n’est pas un patrimoine immobilier. C’est le sens du travail et le courage. » Une « héritière », donc, que l’école n’a pas arrachée à tous ses déterminismes. Une héritière parée de nobles vertus, qui confiait, au Point, en 2013, ne savoir « que travailler ».

Curieuses déclarations quand, en 2012, elle qualifiait l’expression sarkozyste« travailler plus pour gagner plus » de « détestable »… Pour la députée, « […] si le salaire doit bien être la juste contrepartie du travail, il n’en est ni la finalité, encore moins le seul objet ». Le salarié français ne peut se permettre semblable grandeur d’âme, lui qui travaille 210 jours de l’année pour la collectivité contre 155 jours pour lui et sa famille. Il est vrai que madame la députée perçoit un traitement de 7.200 euros non imposable…

Seulement voilà, les Français, éternels insatisfaits, râlent d’être pressés comme des citrons, alors qu’ils devraient se réjouir de remplir les caisses de l’État pour leur santé ! Sauf que, selon le sondage Sofinscop, baromètre de la consommation de janvier 2015, 60 % des sondés déclarent avoir déjà renoncé à se soigner.

Madame Delaunay n’est pas au courant ?

Pas au courant non plus des agressions qui ne cessent de se multiplier, du « sentiment d’insécurité » qui va crescendo, parce que des policiers reçoivent parfois l’ordre de ne pas intervenir ? Mais non, les Français devraient sauter de joie de savoir une partie de leurs impôts partir en fumée !

Clairement, n’est-ce pas honteux, la précarité des uns contre l’immuabilité des autres sous un gouvernement qui n’a que le mot égalité à la bouche ? Qui plus est, dans un pays en faillite ? N’est-ce pas honteux de troquer le mot « peuple » pour celui de populisme, rendu arbitrairement péjoratif ? N’est-ce pas honteux de parler de « dévalorisation de l’impôt » aux Français qui s’en acquittent avec peine quand un Cahuzac et un Thévenoud s’empressaient de s’y soustraire sans remords ? Quand une Saal utilise sans vergogne l’argent du contribuable ? Quand on en paie soi-même si peu pour ses indemnités de député (Le Nouvel Obs, en avril 2013, parlait de « paradis fiscal des députés et sénateurs ») ?

N’est-ce pas cela l’« atroce », d’entendre une élue socialiste, déconnectée des réalités quotidiennes, s’exprimer au peuple qui les subit, avec une telle morgue ?