Sarkozy mains

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
 
Par Sébastien Jallamion le 09/08/2015

Monsieur le Président Sarkozy, vous misez sur l’amnésie des Français pour tenter de les convaincre que vous aimez la France. Mais qu’en est-il des éléments factuels ?

Vous avez su trouver les mots justes, lors de votre campagne présidentielle de 2007, pour rallier à votre cause les patriotes et souverainistes qui ont cru trouver en vous l’homme de la situation. Vous devriez remercier monsieur Gaino, qui a rédigé vos discours.

Dans les faits, vous avez trahi les valeurs qui ont permis à la France d’après-guerre de se construire dans l’indépendance, et d’exister par elle-même dans le concert des nations.

Sans faire l’énoncé exhaustif des décisions qui nous ont amenés à la situation que nous vivons actuellement dans notre pays, je me contenterai des principales : celles qui touchent à ce qu’il y a de plus essentiel, s’agissant de notre souveraineté.

La première, c’est d’avoir trahi la voix du peuple, celle des Français qui, consultés par référendum en 2005, ont rejeté majoritairement le projet de Constitution européenne. Qu’à cela ne tienne : vous leur avez imposé par voie parlementaire le traité de Lisbonne, mettant en place un transfert de souveraineté sans précédent. Je ne peux alors m’empêcher de penser à Danton et à sa célèbre expression adressée à ceux qui voulaient couper court à sa parole vox populi, vox dei (la voix du peuple est la voix divine). Jamais, dans notre histoire, un chef d’État n’avait pas tenu compte d’une consultation référendaire. Vous êtes le seul et, je l’espère bien, le dernier.

La seconde, c’est votre décision, qui relevait de votre prérogative, de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN, c’est-à-dire de ce « machin », comme le disait de Gaulle, qui n’est rien d’autre qu’une succursale des États-Unis et de son complexe militaro-industriel.

À ce propos, Monsieur le Président (des « Républicains », vous ne reculez devant aucun mimétisme), vous arrive-t-il de penser à nos soldats tombés en Afghanistan lorsque vous vous rasez le matin, eu égard à l’utilité de leur sacrifice ?

Je ne parlerai pas de votre intervention en Libye et de ses conséquences.

Votre politique a suscité un rejet massif de la population, au point d’avoir aujourd’hui, à la tête de l’État, le Président le plus impopulaire de notre histoire. Mais ne vous détrompez pas : il ne suffit pas de vous adresser aux électeurs aujourd’hui, en leur agitant la peur de voir réélire « la gauche » en cas de vote Front National, pour espérer les convaincre.

Vous avez eu ce qu’aucun homme politique digne de ce nom ne devrait prendre à la légère : la confiance du peuple français. Vous l’avez trahie, ne vous en déplaise.

Aucun gaulliste ne peut vous accorder sa voix, aucun patriote, aucun souverainiste. Il vous faudra, dès lors, vous adresser aux européistes, aux atlantistes, bref à celles et ceux pour qui la France ne veut rien dire.

Les électeurs du FN, eux, ne votent pas pour un parti mais pour l’avenir de leur pays.