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Le maire de Mailhac (Aude) accuse la présidente du FN de bâtir son succès en lui volant ses idées, sur la sortie de l'Euro et l'Union européenne notamment.

«J'ai dit à ma femme: “Il faut que je reparte à la présidentielle, je ne veux pas que ça termine en bain de sang”», déclarait en août dernier au Scan Gérard Schivardi. Une information qui se confirme en ce début du mois d'aoûtdans Society, l'ex candidat du Parti des Travailleurs (PT), qui avait réalisé le plus petit score de la présidentielle en 2007 avec 0,37%, répète son souhait de rempiler en 2017. Dans sa ligne de mire, Marine Le Pen, qu'il accuse toujours de lui «piquer ses idées». Il y a un an, celui qui est désormais un jeune retraité se déclarait combatif mais pessimiste: «Elle va se faire élire haut la main, vous allez voir». Mais il semble aujourd'hui avoir repris du poil de la bête pour affronter la présidente du FN. «Vous me mettez en face, vous allez voir comment je vais m'occuper d'elle! Mais bon, on me censure…», affirme-t-il dans le bi-hebdomadaire.

Pour préparer cette nouvelle campagne, dix ans après la première, Gérard Schivardi prend Mailhac, la petite commune dont il est maire comme laboratoire et observatoire de la vie politique. «On avait 20 personnes qui votaient toujours extrême droite. Deux d'un grand âge sont morts. Je pensais qu'ils n'étaient plus que 18 mais on a eu 95 électeurs FN lors des dernières élections. Il s'agit d'un mouvement irréversible», regrette l'édile. «Elle se régale à piquer toutes mes idées de 2007. Regardez, vous verrez!», analyse-t-il pour expliquer le succès des frontistes. En effet, un certain nombre des problématiques politiques qu'il veut porter sont aujourd'hui préemptées par le FN. «Sarkozy ou Hollande sont juste des marionnettes qui n'ont pas le courage de dire qu'il faut sortir de l'UE et de l'euro pour faire l'Europe des peuples», affirme-t-il.

Mais l'édile doit d'abord obtenir le soutien du Parti des Ouvriers Indépendants (POI) avant de se relancer dans la course. Il pourra sans doute compter sur le solide réseau de maires de petites communes qui l'avait soutenu en 2007 pour obtenir les 500 signatures nécessaires. Mais comme en août dernier, il ne se fait toujours pas trop d'illusions sur l'issue de la mêlée: Marine Le Pen l'emportera, et selon lui viendra avec elle «l'inévitable guerre des religions».

Par Marc de Boni le10/08/2105

Le Figaro