Chine dragon

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma  connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Métamag

Par Jean Ansar le 17/08/2015

Le capitalisme, vecteur du libéralisme et du totalitarisme démocratique ne survit qu’en s’étendant.  Il y a une loi de l’expansion du capitalisme. C’est pourquoi ce  système économique veut imposer partout sa projection politique.

La Chine est, pour le capitalisme, un far est qui lui permet de résister aux crises d’un système de plus en plus fragile depuis 25 ans. La crise qui se profile de la croissance chinoise pourrait déboucher sur un tremblement de terre financier mondial, suivi d’un raz de marée  économique.

Quand la chine s’effondrera, le capitalisme cessera de tourner
 
La Chine paie aujourd'hui les vicissitudes de l'indexation du yuan à une monnaie (le dollar) sur laquelle elle n'a aucune prise et dont elle ne peut, en aucun cas, influer sur les destinées puisqu'elles sont du ressort exclusif de la Réserve fédérale qui n'a évidemment aucun compte à rendre à la Chine car seule préoccupée des conditions intérieures américaines.

Comme bien d'autres pays de  moindre importance qu'elle, ayant corrélé leur propre monnaie au billet vert, la Chine comprend que l'essentiel de sa politique économique et monétaire intérieure est en fait déterminée ailleurs. Elle a, dans le seul but de maintenir cette indexation, baissé par quatre fois ses taux depuis 2014 et perdu près de 1 000 milliards. Elle a donc sagement choisi de sacrifier le yuan afin d'éviter de brûler l'ensemble de ses réserves monétaires.

Il y a encore quinze ou vingt ans, le reste du monde aurait assisté sans trop d’inquiétude, et même avec une satisfaction secrète, à la baisse de la croissance chinoise et aux mesures de sauvegarde prises par les dirigeants capitalo-communistes de Pékin. Depuis la fin de l’ère maoïste (Mao est décédé en 1976), et le début des réformes économiques initiées par Deng Xiaoping en 1978, la Chine a cherché à rattraper son retard en s’engageant progressivement dans la brèche ouverte par la mondialisation de la production industrielle. Le pouvoir chinois a tenté de sauvegarder le pouvoir d’achat de la classe moyenne, par temps de plus faible croissance en laissant grimper pendant plus d’un an la bourse de Shanghai – essentiellement composée des titres d’entreprises contrôlées par l’Etat – de manière inconsidérée.

Des dizaines de millions de petits épargnants ont ouvert des comptes boursiers, attirés par les profits record de ce loto auquel on gagne à tous les coups. Jusqu’à la récente catastrophe des krachs à répétition à Shanghai, qui ont ruiné les derniers entrants, ceux qui avaient acheté les actions à des prix déjà élevés, mais pas les plus anciens.

Pour stopper l’effondrement boursier, le gouvernement a fait ce qu’il n’a jamais cessé de faire : intervenir, en empêchant les « gros » de vendre, et en injectant des milliards de yuans. La Chine traverse une crise de croissance qui se double d'excès financiers qui ne peuvent pas se régler rapidement. 

La bulle boursière a été créée par les autorités pour que l'épargne des ménages refinance en capital les remboursements de créances douteuses portées par les banques et les entreprises publiques par un système de «banque fantôme» (shadow banking). La chute des actions et le retour à la raison sont encadrés par les pouvoirs publics qui interdisent aux investisseurs institutionnels de vendre et les contraignent même à acheter. On est cependant toujours dans les excès de cotations artificielles alors que les surévaluations immobilières fragilisent très durablement le système bancaire et que la plupart des industriels se trouvent en surcapacité. La stabilisation n'est pas en vue.

On fait semblant de ne pas trop s’inquiéter, mais, en fait, le pouvoir Chinois maîtrise-t-il vraiment la situation ? Certains en doutent. La Chine serait une immense poudrière économique et financière. Une sorte d’immense Tianjin, où l'on cache la vérité qui n’est révélée que par la catastrophe. Derrière la production automobile, l'usine à cyanure pour l’armée….. Le capitalisme géré par le communisme est un tigre de papier.

Le mondialisme financier, pour survivre, a chevauché le tigre. Mais si le tigre tombait ou se révoltait….une crise systémique pourrait marquer la fin de la dictature du grand capital.