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«Master troll.» Traduction de l'argot internet : personne s'invitant dans un débat pour générer une polémique.

Pour s'être rendu à la réunion sur l'accueil des réfugiés organisée par le ministère de l'Intérieur à la Maison de la chimie à Paris, le maire FN de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, a hérité de cet épithète sur Twitter, ce samedi.

Les maires frontistes avaient affiché la couleur dès mardi. Pas question pour eux d'accueillir des réfugiés dans leurs villes. Pourquoi dès lors, participer à une journée de travail destinée à organiser l'élan de solidarité des communes ? «Parce que je trouve assez incroyable qu'un ministre de l'Intérieur organise l'invasion migratoire de son propre pays, lâche Julien Sanchez au Parisien.fr. Je ne voulais pas laisser cette opération de propagande se faire tranquillement

Lazzis et huées

Il déroule son argumentaire : «Si on commence à accueillir tout le monde... Il n'y a plus de limites. Quand on ne vous demande pas si vous êtes d'accord pour accueillir des gens chez vous, c'est une invasion, une effraction.» En réalité, la France s'engage à accueillir 24 000 réfugiés supplémentaires sur deux ans dans le cadre d'un processus européen, qui doit encore être entériné. «Ce sera peut-être 200 000 le mois prochain. On essaie de nous préparer à accueillir encore plus de monde», craint le frontiste.

A la Maison de la Chimie, le maire de Beaucaire est le deuxième élu à prendre la parole. Lazzis et huées. Un «facho» fuse. La salle affiche son indignation. Manuel Valls lui répond un peu plus tard, depuis la tribune. Vertement. Le Premier ministre fustige une «propagande politique», destinée à «faire peur aux Français». «Ensuite, j'ai été bousculé, on m'a donné des coups de pieds et traité de nazi», affirme Sanchez. «C'est pas très Charlie», ose-t-il, en référence à la grande marche hommage qui a suivi les sanglants attentats de janvier dernier.

L'élu frontiste est bien conscient d'avoir joué la provoc' en se rendant à cette réunion, qui rassemblait les représentants de 700 communes venus de toute la France et de toute couleur politique. Il revendique, même. «C'était une réunion de propagande. Il y a eu un petit caillou dans la chaussure. C'était moi

Par Pauline Théveniaud le 12/09/2015

Le Parisien

Note BYR : C'est tout de même incroyable de voir ça ! Un élu de la République qui, à lui seul, représente 30% sinon plus, de la population traité comme un vulgaire délinquant par d'autres élus (de l'RPS bien évidemment). Le dessin de Konk illustre parfaitement cet après-midi de propagande contre la volonté populaire. Et surtout ne vous attendez pas à un autre discours de la part des "républicains". La traitrise, ils connaissent : rappelons-nous en 2008 le vote du Traité de Lisbonne, un copié-collé de la fameuse constitution européenne à laquelle les Français avaient dit non trois ans plus tôt.