Tweet Hidalgo clandestins

La présidente du FN s'est indignée du message de bienvenue adressé en trois langues, dont l'arabe, par la maire de Paris aux migrants sur Twitter.

Faire campagne pour les élections de décembre prochain avec la crise des migrants comme cheval de bataille, c'est la stratégie déployée par le FN - quand bien même le conseil régional n'a pas ou peu de compétences sur le sujet. Nouvel exemple lundi soir, à l'occasion du lancement de la campagne de Wallerand de Saint-Just en Île-de-France. Marine Le Pen s'en est prise aux responsables politiques franciliens de droite et de gauche, qu'elle juge favorables à l'accueil des réfugiés en provenance de Syrie et d'Irak. Dans son viseur notamment: la maire PS de Paris, à qui elle reproche d'avoir «souhaité dans un tweet la bienvenue aux migrants en arabe».

«Je lui conseille même de se voiler pour dire la bienvenue aux clandestins», a encore lancé la candidate aux Régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Des propos d'ailleurs pleinement assumés ce mardi matin sur France Inter. «Oui! A partir du moment où elle tweete en arabe, je me dis que la tradition d'accueil va extrêmement loin», a jugé Marine Le Pen. «Elle a fait un tweet avec une image où on lit bienvenue en français en anglais et en arabe, c'est malheureux. Et je trouve que de la part de la maire de la capitale Française, c'est extrêmement choquant. Je n'ai fait que dire la vérité sur ce que fait la maire de Paris», s'est emportée la présidente du Front National dans un échange virulent avec Patrick Cohen.

Un an de cours d'arabe à la fac

Piquée au vif, Anne Hidalgo n'a pas manqué de répondre personnellement sur les réseaux sociaux. «J'aggrave mon cas. J'ai même fait un an d'arabe dialectal à la fac. Stop au racisme et à la xénophobie du FN», a rétorqué l'édile, en accompagnant son tweet du message de bienvenue incriminé. Une contre-attaque soutenue par le maire PS du Xe arrondissement Rémi Féraud: «Face au racisme haineux de Marine Le Pen entendu ce matin sur France Inter, soyons fiers de Paris et de son hospitalité!»

Selon les services de la mairie de Paris, 1450 réfugiés présents dans la capitale ont déjà été relogés depuis le début de l'été. Jeudi dernier, Anne Hidalgo - qui n'a pas manqué de rappeler être descendante de réfugiés espagnols - a également annoncé que 460 places supplémentaires seraient rendues disponible dans les prochains jours.

Par Marc de Boni le 15/09/2015

Le Figaro