Porquericourt (Oise)

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
Par Aristide Leucate le 22/09/2015

C’est la grande inconnue du soir du 6 décembre prochain et, peut-être, la « divine » surprise du dimanche suivant, douze jours avant les fêtes de la Nativité. Peut-être ? Vraisemblablement, si l’on en croit les derniers sondages donnant Marine Le Pen à la tête de la nouvelle euro-région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

D’après plusieurs sondages concordants (Odoxa, pour Le Parisien et BFM TV, et IFOP pour La Voix du Nord et Le Courrier picard), la présidente du Front National devancerait ses adversaires au premier tour et l’emporterait, au second, avec près de 40 % en triangulaire devant le bonimenteur Xavier Bertrand (32 %) et l’obscur Pierre de Saintignon (29 %).

« Les sondages sont à la démocratie ce que l’amour vénal est à la romance », avait coutume de dire le regretté Philippe Séguin. Aussi ne doit-on prendre cet oracle qu’avec une saine et prudente distance, le système médiatique étant, depuis longtemps, passé maître dans l’art de manipuler une opinion aussi versatile qu’inattendue.

À l’évidence, toutes les conditions semblent réunies pour que le leader frontiste accède au perchoir de cette baronnie économiquement et socialement sinistrée. La submersion migratoire recouvrant l’Europe et la France de son noir manteau apporte de l’eau au moulin d’un électeur subitement saisi d’effroi devant l’ampleur d’un phénomène que l’on n’aurait jamais cru pouvoir s’échapper des pages délicieusement horrifiques du Camp des saints de Jean Raspail. Le pays réel bruisse, en effet, d’une prise de conscience où l’élémentaire instinct de survie écrase l’artificialité médiatique d’une émotion incontinente. Dans tout le septentrion, Calais et sa jungle irradient de clandestins qui ne cherchent plus à fuir mais à s’installer dans des communes complaisantes.

En outre, si la campagne du hobereau « socialiste » Saintignonun peu comme si Mélenchon militait à l’Action française -, premier adjoint au maire de Lille et vice-président de la future ex-région Nord-Pas-de-Calais, est tout à fait inaudible du fait d’un abyssal déficit de notoriété, celle de Xavier Bertrand peine à convaincre au-delà des éternels cocus contents de son camp. Alors qu’il s’évertue à se refaire une virginité politique, sur le terrain, nombreux sont ceux qui lui rappellent le temps, pas si lointain, où il fut un inconsistant ministre du Travail et de la Santé, quand certains, exaspérés, n’hésitent plus à le défier en agitant sous son nez un bulletin de vote mariniste.

Le député-maire de Saint-Quentin qui s’est entouré d’un vieux cheval de retour, en la personne d’Éric Woerth dans l’Oise et d’une illustre inconnue UDI, Brigitte Fouré, actuel maire d’Amiens, dans la Somme, a tout misé sur le travail, promettant – avec quel argent et quels moyens ? – de faire de l’emploi une priorité régionale.

Si elle ne commet pas de faux pas et si elle évite les chausse-trapes politico-judiciaires tendues pas le pouvoir en place, Marine Le Pen a de raisonnables chances de l’emporter face à la démagogie éhontée d’un franc-maçon mollasson usé sous le harnais sarkozyste, tandis qu’acculé à l’insécurité identitaire et sociale, l’électeur nordiste, bourgeois paupérisé ou prolo déclassé, pourrait, sans complexe, hisser haut la voile du renouveau.