Clé de prison

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
 
Par Caroline Artus le 28/09/2015

Un détenu, signalé par son établissement pénitentiaire comme « radicalisé », n’est pas rentré à la prison de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) : il a profité de sa permission de sortie pour se faire la malle ! Résultat : il est en cavale depuis maintenant huit jours.

C’est l’information délivrée dimanche par Le Point qui avançait l’identité de l’homme comme pouvant être celle de Jérémy Bailly – alias Abderrahmane, condamné en 2013, à la tête d’un groupe terroriste qualifié du « plus dangereux depuis 1996 » par le procureur François Molins.

Mais au ministère de la Justice, on dément l’identité de l’individu. Sans en révéler la véritable. L’individu activement recherché n’est pas Jérémy Bailly. Jérémy Abderrahmane Bailly « ne bénéficie d’aucune permission de sortie ». Si la chancellerie le dit… Il s’agit d’un homme condamné pour « vols avec arme et vols avec violences » qui a profité d’une énième permission pour se volatiliser dans la nature. Et, par-dessus le marché, l’établissement pénitentiaire l’avait déjà signalé en raison d’une « possible radicalisation » étant donné « une pratique de plus en plus assidue de la religion ».

Si aucun fonctionnaire du cabinet de Christiane Taubira n’a souhaité s’exprimer sur ce dossier, une source policière, en revanche, se voulait rassurante : « Certes, il s’est radicalisé, mais la situation est sous contrôle. » Avec un converti de trente ans qui apprend, dans la revue Inspire, comment « fabriquer une bombe dans la cuisine de ta mère », et qui a prévenu ses camarades de chambrée « qu’on entendra bientôt parler de [lui] », vous y croyez, vous, au contrôle de la situation ?

Éric Ciotti n’a d’ailleurs pas manqué de pointer du doigt un « dysfonctionnement de la justice ». En effet, même s’il ne s’agit pas d’Abderrahmane, « cette évasion demeure préoccupante », a-t-il déclaré en insistant sur « la question de l’obtention d’une permission de sortie par un détenu identifié comme étant en voie de radicalisation religieuse […] ». Réponse du ministère : ses précédentes permissions « s’étaient déroulées sans problème »… Confondant… Et la palme d’or de la crédulité revient à…

Sur LCI, on a commenté l’affaire. Le journaliste Noé Gandillot – retenez bien son nom, il va faire carrière ! – a visiblement trouvé que la situation n’était pas si grave que cela puisqu’il a conclu son sujet par ces mots : « Il est impossible de surveiller tous les prisonniers à risques… » Euh, cher Monsieur Gandillot, peut-être, pour mieux les surveiller, ces « prisonniers à risques », vaut-il mieux ne pas leur donner d’autorisations de sortie ?

Allez, bonnes gens, vous pouvez dormir tranquilles : Christiane Taubira et LCI veillent…