Sarkozy Morano

Nicolas Sarkozy donne un dernier sursis à son ancienne ministre qui pourrait faire l’objet d’une sanction mercredi soir après ses propos controversés sur la «France, pays de race blanche». Depuis dix jours, Nadine Morano refuse de s’excuser malgré les appels répétés des ténors des Républicains dont son président. Nicolas Sarkozy a demandé à Nadine Morano mardi lors de la réunion du Bureau politique (BP) d'exprimer des "regrets" d'avoir dit que la France était "un pays de race blanche", auquel cas elle pourrait conserver son investiture régionale en Meurthe-et-Moselle.

"Si tu exprimes tes regrets, la situation sera reconsidérée par la CNI", a affirmé M. Sarkozy à la député européenne, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP. La Commission nationale d'investitures (CNI) des Républicains doit se réunir mercredi soir pour décider du retrait de l'investiture régionale de Mme Morano. Une réunion qui se tiendra à 18H30 au siège des Républicains, présidée par Christian Estrosi et en l’absence de Nadine Morano qui en est la vice-présidente.

Au cours de ce BP, Jean-François Copé, ancien président de l'UMP, est intervenu pour "en appeler à l'apaisement". "Je désapprouve totalement les propos de Nadine", a ajouté le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne), "mais je pose la question du deux poids deux mesures. En lui retirant son investiture, on crée une jurisprudence".

"On ne peut pas, quand on est Républicain, laisser penser que la France est une race blanche", a répliqué M. Sarkozy. "Ca a blessé des millions de Français, notamment d'Outre mer. Le mot race ne s'emploie pas à la légère. A deux mois des régionales, on maintiendrait tête de listes des Républicains quelqu'un qui dit ça ?".

Au lendemain de l'émission de France 2 "On n'est pas couché" (ONPC), "j'ai dit à Nadine que si elle acceptait de corriger ses propos, c'était bon. Elle m'avait dit oui au début et puis finalement elle refuse", a-t-il déploré. "Je redis que si elle corrige ses propos, c'est bon. Pour moi, ce n'est pas facile, parce que Nadine est une remarquable militante, mais là, ce n'est pas acceptable", a-t-il ajouté.

Mme Morano a regretté que les positions de son parti soient "à géométrie variable. J'ai toujours défendu tout le monde, à l'inverse, on laisse d'autres raconter n'importe quoi" (sur elle). "Je ne renierai jamais le général de Gaulle", a-t-elle ajouté. A l'émission ONPC de samedi soir, Mme Morano avait cité une phrase de De Gaulle rapportée par Alain Peyrefitte: "Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères".

"Je suis vice-présidente de cette commission d'investiture, je suis également députée européenne, il se trouve que mercredi le président de la République française et Angela Merkel seront à Strasbourg au Parlement européen pour s'exprimer sur la question de migrants et je serai là où je dois être, c'est-à-dire à assumer mes fonctions et donc au Parlement européen et non pas à venir dans une commission traiter de problèmes politiciens", a déclaré Mme Morano mardi sur France 2.

"Je ne renierai en rien mon idée gaulliste, mes convictions gaullistes", a-t-elle ajouté, se disant victime d'"une cabale politique et médiatique" pour avoir dit "une évidence de bon sens". "J'ai dit +La France est un pays de race blanche+, je n'ai pas dit +les Français sont de race blanche+. Je sais que la communauté nationale est composée de tous ses habitants, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur histoire, leur croyance ou leur non croyance d'ailleurs", s'est-elle expliquée.

Nadine Morano a par ailleurs marqué sa distance vis-à-vis du Front national. Le FN "prône le retour en arrière de plus de 40 ans, il prône le retour au franc, la fermeture des frontières, le repli sur soi, moi je suis une européenne convaincue", a-t-elle affirmé. "Je n'ai rien à voir avec cela mais je crois que les Français on ne leur parle plus, on a besoin de leur dire la vérité, et la vérité dérange".

Mme Morano a rappelé sa fidélité envers Nicolas Sarkozy, le président du
parti Les Républicains. "Je fais partie de ceux qui ne lui ont jamais manqué, dans les moments les plus durs où il était cloué au pilori. Après il fera ce qu'il voudra". L'eurodéputée a enfin réitéré sa volonté d'être candidate à la primaire à droite, lançant un appel au financement de sa campagne.

Nadine Morano devrait selon toute vraisemblance perdre définitivement son investiture aux régionales pour conduire la liste Les Républicains/UDI en Meurthe-et-Moselle. Dans une interview que nous avons publié vendredi, Philipe Richert qui conduit la campagne de la droite et du centre en Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne avait estimé qu’il «n’imaginait pas que la Commission nationale d’investiture ne retire pas la candidature de Mme Morano», estimant également que la députée européenne ne devrait certainement pas présenter d’excuses puisque qu’elle a répété «jusqu’en Russie ses propos sur la +race blanche+» avait-il estimé. Le président sortant de l’Alsace doit d’ailleurs rencontrer Nicolas Sarkozy mercredi matin à Paris en même temps que les chefs de file des Républicains aux régionales. Lors d’un échange tendu ce mardi après-midi, Nicolas Sarkozy et Nadine Morano se sont entretenus au siège du parti. Nadine Morano a campé sur ses positions et lui a rappelé sa fidélité.

La pression des alliés des Républicains dans l’est de la France avait été forte après le «dérapage» de Nadine Morano. Le maire (UDI) de Nancy (Meurthe-et-Moselle) Laurent Hénart avait flingué les propos de la députée européenne estimant qu’elle ne pouvait pas rester en place avec de tels propos. Le Modem s’est carrément retiré de la liste dans le département tout en conservant son alliance avec la droite pour la région Grand-est.

Valérie Debord, proche de Nicolas Sarkozy et élue à la mairie de Nancy devrait remplacer Nadine Morano pour conduire la liste aux régionales dans le département de Meurthe-et-Moselle. On dit les deux femmes «opposées», aux «relations conflictuelles». Selon certaines sources locales, elles se «détesteraient». Mme Debord avait d’ailleurs rapidement désapprouvé publiquement les propos de Morano sur la «France, pays de race blanche».

Le 06/10/2015

Loractu

Note BYR : 24 h chrono. Sinon, Nadine Morano sera définitivement bannie de Les Républicains pour avoir cité un passage d'un ouvrage d'Alain Peyrefitte qui rapporte des propos tenus il y a cinquante ans pae Charles de Gaulle Effectivement le parti de Nicolas Sarkozy n'a vraiment plus rien de gaulliste...Cela fait longtemps, mais au moins c'est clair pour ceux qui le pensaient encore.