Hollande mai 2013

Sans doute encore un peu agacé de s’être fait désigné comme « vice-chancelier » d’Angela Merkel par Marine Le Pen en plein parlement de Strasbourget au beau milieu de son show européiste -, François Hollande a profité du dernier sommet européen consacré à la non résolution du problème des migrants, jeudi 15 octobre à Bruxelles, pour s’en prendre aux « falsificateurs » et « manipulateurs » qui « prétendent que nous serions envahis ».

Et le vice-chancelier d’argumenter de la façon suivante : « Aujourd’hui, où vont les réfugiés ? Essentiellement en Allemagne, en Autriche et en Suède. L’Allemagne (…) a accueilli depuis le début de l’année plus de 500 000 personnes et le pays qui, rapporté à sa population, fait le plus pour les réfugiés, c’est la Suède ». Et de rappeler que notre pays s’était engagé à n’accueillir que 24 000 réfugiés plus ou moins syriens en deux ans.

Moi Président, la réalité n’existera plus !

Disons que la démonstration statistique du président Hollande a autant de rigueur et d’honnêteté intellectuelle qu’un tout récent rapport de l’Insee nous expliquant une énième fois – chiffres partiels et manipulés l’appui – que le nombre des étrangers en France est stable depuis dix ans. D’abord, les « réfugiés » ou « migrants »pas question pour la langue de bois euro-socialo-libérale de les désigner pour ce qu’ils sont, des immigrés clandestinsveulent pour beaucoup aller en Angleterre aussi et, incontestablement, notre pays est sur leur chemin : que François Hollande demande aux Calaisiens ce qu’ils pensent de la « non submersion » de leur ville.

Ensuite, si l’Allemagne, suite aux déclarations irresponsables de la patronne de François Hollande, a déjà accueilli, en attendant plus, 500 000 nouveaux immigrés, qui s’ajoutent à pas mal de Turcs déjà présents sur place, on peut rappeler au président français que son pays est limitrophe de l’Allemagne, et sans frontière digne de ce nom par la grâce des accords de Schengen. Que l’OCDE, organisme européen assez peu populiste, a estimé voici moins d’un mois que l’Europe devrait enregistrer pas moins d’un million de demandes d’asile pour l’année 2015, dont environ 400 000 devraient recevoir satisfaction. Et que, de son côté le Haut Commissariat de l’ONU aux Réfugiés prévoit 400 000 entrées pour 2015, et 450 000 de mieux pour 2016 .

Comment croire que face à ce mascaret migratoire sans précédent par son ampleur, la France ne subirait que de petites éclaboussures, et que son système politico-judiciaire laxiste ne laisserait entrer chez nous que les fameux 24 000 heureux élus ?

Ce qui nous amène à un autre aspect du problème, « oublié »  par notre ineffable président : l’immigration clandestine en France, estimée entre 100 et 200 000 individus par an, dont bien peu sont expulsés. Quoi d’autre ? Eh bien le code de la nationalité de ce pays, machine à fabriquer des Français et à régulariser des clandestins, ou des enfants de clandestins depuis une bonne trentaine d’années.

Mais, au fait, à quoi bon argumenter face à un hommequi n’est décidément pas d’État – dont le ressort intellectuel primordial est la négation du réel, qu’il s’agisse de la déferlante migratoire, des bienfaits de la politique de Bruxelles et de l’euro, de la reprise imminente ou du caractère démocratique et humaniste des rebelles syriens.

Vous avez parlé de « falsificateurs », M. le Président ?

Régionales 2015