Marine Valencienne 171015

Intervention de Marine Le Pen lors de la conférence du Collectif Racine sur l’éducation le 17 octobre 2015

Chers amis,

C’est avec grand plaisir que je suis aujourd’hui avec vous pour fêter les 2 ans du Collectif Racine.

Depuis 2 ans, vous agissez et vous vous battez pour le développement du Collectif Racine. Je félicite en particulier son président Alain Avello qui ne manque jamais d’énergie et réussit à fédérer un nombre considérable d’enseignants.

Vous êtes les témoins de la politique désastreuse menée par le gouvernement, politique qui n’a de cesse de bafouer l’autorité du professeur et qui fait de l’école une vaste cour de récréation.

Vous assistez également à la concrétisation de la réforme du collège, bal tragique orchestré par Najat Vallaud-Belkacem qui, en bonne élève, applique les recettes catastrophiques de ses prédécesseurs : le laxisme et le nivellement par le bas sont plus que jamais d’actualité !

Et pourtant, malgré toutes les attaques dont elle fait l’objet, vous avez décidé de défendre l’École de la République, pour qu’elle continue de transmettre les connaissances et le goût de la France, pour qu’elle incarne la méritocratie et donne sa chance à tous.

Grâce à votre action, je suis heureuse de constater que les enseignants sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des patriotes et je tiens particulièrement à vous féliciter aujourd’hui pour l’ouverture de cette nouvelle section Nord du Collectif Racine !

Cette section semble déjà fort dynamique et je lui souhaite tout le succès du monde.

Et je sais que je peux compter sur votre engagement sans faille pour porter nos idées dans le débat lors des prochaines élections régionales afin que les régions bleu Marine participent elles aussi au redressement de l’École de la République.

Bien sûr, la région ne saurait résoudre seule l’ensemble des problèmes auquel fait face l’École aujourd’hui. Mais au niveau des lycées, la région dispose de moyens d’action et nous agirons particulièrement dans cette grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui accueille chaque jour 200 000 lycéens.

Dans cette région, comme dans toute la France, les exécutifs régionaux dirigés par l’UMPS ont eu à cœur de sacrifier l’avenir des lycéens français.

Je ne peux que constater la dégringolade de nos académies de Lille et d’Amiens, qui enregistrent les performances les plus faibles de tout le pays : Lille se retrouve ainsi à la 27ème place sur 30 (!) pour les résultats au baccalauréat général et 23ème pour le baccalauréat professionnel.

Le manque d’exigence et d’ambition, l’absence d’audace et de volontarisme ont gangréné l’exécutif régional en place.

Les socialistes, sûrement plus soucieux de consacrer leur énergie à l’accueil des migrants plutôt qu’à l’avenir de la jeunesse de France, sont responsables de la tragédie qui se déroule sous nos yeux : des départements sacrifiés par inaction et par paresse.

Leur culpabilité est d’autant plus criante à mesure que grossit le fossé entre leur discours et la réalité.

Cette réalité sur les moyens des lycées vous la connaissez mieux que quiconque : grisés par la folie des grandeurs, les grands barons socialistes du Nord ont préféré multiplier les lycées alors même que le nombre de lycéens diminue depuis le début des années 1990.

Je suis favorable aux lycées de proximité mais la proximité n’empêche pas d’éviter les gaspillages !

Le constat est sans appel ! 4 milliards d’€ ont été engagés par la région depuis 1986 pour les lycées, ce qui représente 40% des dépenses d’investissements. Investissements pourtant vains puisque 25% des surfaces des lycées ne sont aujourd’hui pas occupés : 70 hectares de surface vide ! Que de gaspillages ! Que de mépris pour le contribuable.

Si je suis élue présidente de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie en décembre prochain, j’aurai quant à moi l’impérieux devoir de rationaliser la dépense publique, pour que l’on respecte enfin le contribuable français.

Puisque les effectifs baissent dans les lycées, je privilégierai le qualitatif et réduirai les dépenses superflues.

Les dépenses de fonctionnement des lycées seront ainsi strictement encadrées afin d’éviter l’inflation que nous avons connue.

Cela passe notamment par une politique volontariste d’économies, en agissant sur les structures et sur les comportements individuels.

Agir sur les structures, c’est déployer les énergies renouvelables et construire des lycées « éco-responsables », respectueux de l’environnement.

C’est aussi renforcer les groupements d’achat commun d’énergie afin que tous les acteurs publics, région, départements, communes, travaillent en bonne intelligence et fassent pression ensemble sur les fournisseurs pour obtenir de meilleurs prix.

C’est encore encourager les lycées à louer leurs logements de fonction inoccupés pour participer à l’effort, notamment aux départements qui se plaignent aujourd’hui de ne pas avoir assez de locaux pour les collèges.

Agir sur les comportements enfin, c’est faire de la lutte contre le gaspillage alimentaire une priorité et éveiller la responsabilité écologique de tous les lycéens.

Diviser les Français et les dresser les uns contre les autres, voilà ce qu’a fait Nicolas Sarkozy pendant 5 ans et voilà l’adage qu’appliquent désormais François Hollande et Manuel Valls.

Leurs troupes régionales n’ont eu de cesse de répliquer ce modèle et de le décliner dans cette région en opposant lors de la construction des lycées la ville à la campagne, l’enseignement général et technologique à l’enseignement professionnel.

Bien au contraire, le conseil régional que je dirigerai agira lui pour les territoires oubliés et les plus reculés, pour qu’ils soient en priorité ciblés lors de la construction d’un nouveau lycée.

Nous agirons ainsi par les programmes prévisionnels d’investissement de la région pour l’équilibre des territoires.

Désenclaver les territoires sinistrés, c’est aussi assurer l’accès de tous à un enseignement de qualité.

Les familles du Nord-Pas-de-Calais-Picardie sont exigeantes et ont un sens aigu de l’excellence. Elles encouragent leurs enfants à rejoindre le meilleur lycée, qui offre le plus large choix de formations.

Mais ce choix est trop souvent contraint par l’éloignement du domicile, l’éparpillement des établissements et la piètre qualité des transports scolaires.

En conséquence, j’encouragerai et je valoriserai le développement de l’internat en harmonisant au maximum les tarifs pour les rendre plus accessibles, afin de rapprocher au plus près l’élève du lieu qui le fera réussir.

Mon programme et mon action sont guidés par un souci d’égalité des chances.

Cette égalité doit permettre à tous, sans aucune distinction, d’aller au bout de ses capacités.

Mais il n’est pas d’égalité sans justice sociale et la justice passe notamment par un accès de chaque lycéen à une restauration scolaire de qualité.

Mais comment expliquer aux parents que le repas du lycée Condorcet d’Amiens coûte 3,85€ alors qu’il est de 3,75€ au lycée Faidherbe de Lille ?

Comment accepter qu’au sein même du Nord-Pas-de-Calais, le prix du repas varie entre 2,80€ et 4,15€ ? Est bafouée l’égalité des usagers devant le service public.

Et bien moi, je porterai l’harmonisation des tarifs de la cantine scolaire, car je souhaite que tous les lycéens de cette région accèdent à une alimentation équilibrée.

Qu’ils soient sensibilisés par des programmes d’éducation à la santé à une nutrition de qualité.

Cette qualité, nous l’assurerons aussi par le choix des ingrédients qu’utilisent les cuisiniers des lycées.

Vendu à la mondialisation, François Hollande a d’ores et déjà trompé nos agriculteurs. Il n’hésite même plus à affirmer, comme lors de son discours à Dijon de juillet dernier, que 2/3 de la viande achetée par l’État ne provient pas de France.

C’est inacceptable car c’est faire courir le risque à nos lycéens de consommer des produits à la traçabilité douteuse et de piètre qualité. Mais plus encore, c’est une insulte envers nos producteurs, c’est du mépris envers nos éleveurs.

En tant que Présidente de région, je veillerai à ce que l’approvisionnement des cantines respecte la priorité régionale et privilégie par les circuits courts le producteur français, du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, attentif quant à lui à ses produits.

Notre politique visera aussi progressivement à refuser les viandes qui sont issues de l’abattage rituel, c’est à dire la mise à mort sans étourdissement préalable de l’animal, pour encourager un mode d’abattage plus laïc et moins barbare avec les animaux.

Viser à ne plus proposer dans les lycées de viande halal, c’est la condition essentielle pour que soient respectées la laïcité et l’égalité entre tous les lycéens.

Je vois déjà les procès que me feront les tenants du communautarisme mais je les renvoie à la jurisprudence qui énonce que « le fait de prévoir des menus en fonction des pratiques confessionnelles ne constitue ni un droit pour les usagers, ni un devoir pour les collectivités ».

Les demandes et les pratiques communautaristes n’ont pas leur place dans les régions, qui sont républicaines !

Enfin, et c’est une condition essentielle pour la réussite de nos lycéens, la sécurité.

Les violences aux personnes, les trafics de drogue, les atteintes aux biens se multiplient dans notre pays et se répandent dans nos lycées.

Je refuse que la région que je dirigerai désarme face aux fauteurs de trouble, qui hypothèquent l’avenir de nos lycéens.

En conséquence, la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie encouragera le déploiement de caméras de vidéo-protection, de dispositifs anti-intrusion et même de portiques de sécurité dans certains lycées afin de mettre fin aux débordements.

Enfin, nous croyons à la tolérance zéro et n’accepterons plus que les biens des habitants de la Région soient dégradés sans aucune suite judiciaire. Nous déposerons donc plainte systématiquement en cas de dégradations et recouvrerons les dommages et intérêts afin que les habitants ne subissent pas la double peine.

La sécurité est un domaine régalien mais face à la politique laxiste de Madame Taubira et de l’UMP, il est crucial que la région épaule les forces de l’ordre et le personnel des lycées.

La région apportera ainsi son expertise technique aux proviseurs souvent désemparés face à de tels excès.

Je présenterai dans la partie de mon programme lié à l’apprentissage les moyens que nous développerons afin de faire connaître aux lycéens, les filières qui recrutent afin de susciter chez eux une curiosité à l’égard de métiers qui leurs sont inconnus et arrêter de diriger les jeunes vers des filières sans avenir car sans emploi. Cela ne coûte rien, c’est du bon sens.

Alors, mes chers amis, vous l’aurez compris, la route qui s’ouvre devant nous est longue et redresser l’École de la République et la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie requiert du courage et une exigence sans borne.

Mais je sais parfaitement que ce sont les sentiments qui vous animent.

Vive le collectif Racine,

Vive le Nord-Pas-de-Calais, vive la Picardie,

Vive la République

et vive la France !

Front National