Collard Assemblée nationale 3

Éditorial de Gilbert Collard, Député du Gard, Secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine du 20/10/2015

Sous les fenêtres du ministre de la Justice, la colère gronde ; on s’y bouscule pour râler, pester, récriminer. Sourde oreille n’entend rien, ne comprend rien, emmurée dans sa suffisance comme dans sa parole logorrhéique entêtée.

Jamais un ministre n’aura concentré sur sa personne autant de mécontentements : les policiers, les gardiens de prison, les avocats, les victimes, et aussi, les magistrats qui rechignent à appliquer ses réformes. Bientôt, il faudra un ticket pour aller manifester place Vendôme, tant ça se bouscule ! La dernière trouvaille de l’icône de l’onirique gauche judiciaire : une réforme de l’aide juridictionnelle qui oblige les avocats à se payer à eux – même ce que l’État devrait régler : autant dire, toute rhétorique mise au salon, qu’elle les prend pour des cons ! Dans le meilleur des cas, c’est un impôt, et, dans le meilleur des cas aussi, une entourloupe ! Imaginez qu’on aille demander aux médecins de financer la sécu, aux dirigeants des associations humanitaires de renoncer à leur salaire, ce qui, au demeurant, là, pourrait se comprendre, aux syndicalistes de financer les heures de formation, j’en passe…

Dans un mouvement de générosité qui ne lui a rien coûté, comme d’hab, madame Taubira a décidé de supprimer les 35 euros de droit de timbre que devait payer tout justiciable, maintenant il faut combler ce vide en piquant d’une main ce que l’on donne de l’autre… Ensuite, il faut faire face à l’augmentation du budget de l’aide juridictionnelle, eh oui, c’est le bon cœur tire-lire des autres ! Tout cela sans aucune concertation, sans aucune considération, en opposant, selon la ministresse, « le barreau de base au barreau d’affaires », les pauvres et les riches, vieux truc, vieille ficelle : les avocats vont devoir débourser 5 millions d’euros en 2016 et 10 millions en 2017. Tous les avocats, les pauvres, les riches, les connus, les inconnus, les discrets, les médiatiques, les cocus !

Ce n’est jamais bon signe pour une démocratie quand elle se fâche avec les avocats ; qu’on les aime ou pas, ils dérangent principalement le confort des pouvoirs ; ils s’opposent par vocation ; ils ont la liberté de la parole, même si certains n’en abusent pas ! Aujourd’hui, cette rébellion fondatrice se meurt assassinée à coups de tampon, de Macron, de violations, de liquidation !

Les avocats font grève ; le bâtonnier de Paris vent debout contre Vendôme a raison !

Rassemblement Bleu Marine