Cambadelis Sarkozy

Le premier secrétaire du Parti socialiste estime que l'invitation de la présidente du Front national à l'émission Des Paroles et des Actes «introduit une distorsion dans l'équité médiatique». Nicolas Sarkozy «partage la même analyse».

Pour la cinquième fois depuis la création de l'émission, Marine Le Pen prendra place jeudi sur le plateau de l'émission Des Paroles et des Actes sur France 2. Présentée par David Pujadas, ce rendez-vous médiatique est incontournable et très demandé par tous les ténors des partis politiques.

Mais à l'approche des élections régionales de décembre, l'invitation de la présidente du Front national ne plaît pas à tout le monde. Car celle-ci est candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Mercredi, c'est le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui a dénoncé «une distorsion dans l'équité médiatique». Le député de Paris a adressé une lettre à Nicolas Sarkozy pour lui proposer de saisir à ses côtés le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). «Il n'est pas admissible que le service public fasse plus de deux heures de publicité pour Madame Le Pen au détriment des partis républicains représentés à l'Assemblée nationale», écrit Jean-Christophe Cambadélis. Avec son initiative, le patron de la rue de Solférino veut «faut porter un coup d'arrêt à la fascination, à la promotion morbibe de l'extrême droite dans le pays». Et «une démarche commune sonnerait comme un rappel à l'ordre et aux valeurs de notre pays», dit-il à Nicolas Sarkozy.

Sarkozy «partage la même analyse»

En fin d'après-midi, l'entourage de Nicolas Sarkozy a indiqué à l'AFP que le président des Républicains avait répondu favorablement à la démarche de Jean-Christophe Cambadélis. «Ils partagent la même analyse concernant cette affaire, c'est une violation manifeste de la règle républicaine de l'équité du temps de parole», a-t-on précisé, confirmant un contact téléphonique entre les deux responsables politiques. Dans la foulée, une nouvelle lettre, cette fois-ci signée de Frédéric Péchenard, le directeur général des Républicains, a été envoyée à France Télévisions et au CSA. Le gendarme des médias a justement réagi mercredi via un communiqué, préconisant qu'une «expression contradictoire (soit) rapidement offerte aux concrrents» de Marine Le Pen.

Dès la semaine dernière, Xavier Bertrand, le candidat des Républicains dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Pierre de Saintignon, le candidat du Parti socialiste dans la même région, avaient, chacun de leur côté, envoyé une missive similaire pour se plaindre de l'invitation de leur rivale frontiste.

Par Tristan Quinault Maupoil le 21/10/2015

Le Figaro

Note BYR : Et en plus d'être suffisant, monsieur Cambadelis est insultant. Mais le mieux c'est de constater que le président de "Les Républicains" rejoint tout sourire le PS afin de tenter de mettre des batons dans les roues à la machine FN et surtout de limiter de fait la liberté d'expression. Bonnet blanc, blanc bonnet disait dans les années 1990 le Front National : ce slogan et de plus en plus d'actualité.