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Cette nouvelle grande région – qui est, en quelque sorte, une reconstitution des États de Charles le Téméraire – est à l’image de ces territoires comme le Centre, l’Aquitaine ou les Pays de la Loire où le FN faisait sinon de la figuration, du moins n’atteignait pas encore un seuil électoral « critique » qui lui permette de peser significativement. Et où désormais il s’affirme comme l’acteur principal d’un nouveau tripartisme. En attendant d’être celui du seul bipartisme qui vaille, celui opposant une force réformatrice, sociale et patriotique aux partis du système euro-socialo-libéral.

La « BFC » est, on le sait, une région stratégiquement située, entre l’Europe du Nord et l’Europe méditerranéenne, entre la façade atlantique et l’Allemagne et la Suisse. Ses huit départements constitutifs regroupent 2 800 000 habitants. Elle dispose d’atouts agricoles – les vignobles évidemment – et industriels : c’est le pays de Peugeot-Citroën, d’Alstom, mais aussi d’implantations importantes d’Areva et d’Arcelor Mittal.

Une battante pour le Front

Procédons à notre habituelle rétrospective électorale :

-au premier tour des élections régionales de 2010, la liste FN remportait 12,10% en Bourgogne et 13,14% en Franche-Comté. Soit un peu moins de 13% à l’échelle de la nouvelle région.

-à la présidentielle de 2012, Marine Le Pen obtenait 19,16 % en Bourgogne et 21,29% en Franche-Comté. Soit 20,20% en moyenne dans le cadre de la grande région.

-aux européennes de 2014, enfin, la liste « Bleu Marine – Non à Bruxelles oui à la France » montait à 27,09% en Bourgogne et 28,81% en Franche-Comté, se classant première dans les deux cas. Et réalisant donc sur le territoire de la future grande région un score d’à peu près 28%.

Et aujourd’hui, l’institut BVA promet au FN, dans son enquête nationale sur les régionales à venir – publiée le 23 octobre -, 26% au premier tour, en deuxième position derrière la coalition droite/centre/Modem (31%) et nettement devant le PS/PRG (19%).

Selon ce sondage, au second tour, le FN emmené par la députée européenne et conseillère régionale sortante Sophie Montel monterait à 30%. Ce qui le mettrait cette fois à la troisième place, derrière LR/UDI/Modem (36%) et la gauche réunifiée (34%).

Rappelons que Sophie Montel est honorablement connue dans la région pour avoir, en février de cette année, à l’occasion d’une législative partielle très médiatisée, failli remporter, seule contre l’UMPS en pleine réactivation du « Front républicain », la quatrième circonscription du Doubs. Sophie Montel avait manqué en effet de peu l’élection, obtenant 48,6% au second tour face au socialiste sortant Barbier, devenu le candidat de toute la classe politique « traditionnelle ». Les électrices et électeurs bourguignons et comtois n’ont certainement pas oublié cette performance. Ni les compromissions des états-majors parisiens de gauche, de droite et du centre, qui pourraient d’ailleurs redevenir d’actualité à l’occasion de ces régionales.

Un dernier mot : BVA a également interrogé les sondés bourguignons et comtois sur leur perception de la situation : si 87% des sondés se disent satisfaits de leur vie dans la (nouvelle) région, 49% jugent que la situation globale s’y est dégradée ces dernières années. Ce dernier paramètre ne jouera évidemment pas en faveur de l’actuel gouvernement. Et l’on a des raisons de penser que le Front est mieux placé que les «  Sarkozo-centristes » pour incarner une rupture avec la mauvaise gestion – nationale et régionale – passée et en cours…

Régionales 2015