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Dès la remise du site aux Nations Unies, la France ne devrait plus pouvoir excercer ses compétences et son autorité sur le lieu, qui deviendra une «zone bleue».

Dans quelques semaines le site de Paris-Le Bourget passera sous pavillon bleu! L'arrivée de la COP21 à Paris fin novembre devrait engendrer un grand nombre de mesures permettant de sécuriser le lieu contre tout intervenant extérieur. Depuis plusieurs semaines, des menaces circulent, relatives à l'arrivée des Black Blocs ou d'autres militants altermondialistes. Ainsi, dès le 27 ou 28 novembre, le lieu qui accueillera la 21e Conférence des parties deviendra une «Zone bleue». Une mesure instaurée par les Nations Unies à de nombreuses reprises pendant les précédentes conférences climat et sur différents sommets internationaux.

Concrètement, dès que la France remettra les clés du site de Paris-Le Bourget aux Nations Unies fin novembre, le lieu ne sera plus sous la responsabilité de l'Etat. Si la France est évidemment garante de la sécurité en périphérie du site, c'est l'ONU qui sera responsable des lieux où se dérouleront les différentes conférences. Ainsi, les Nations Unis déploieront leur police internationale pour assurer la sécurité des 20.000 participants attendus - journalistes, délégations, chefs d'Etats, observateurs.

Cette «zone bleue» disposera ainsi d'un statut d'inviolabilité. Ce qui signifie que les autorités françaises ne pourront exercer leurs compétences et autorité dans les locaux, hors cas prévus par un accord précis. «Le périmètre autour des locaux de la Conférence dépend, en temps normal, de la Police aux Frontières, sous l'autorité du Préfet de Seine -Saint-Denis. Un décret qui permet l'extension des compétences de certaines directions de la Préfecture de police sur l'aérodrome pour la durée de l'événement est prévu afin d'assurer une meilleure cohésion de la gestion des événements et des effectifs des forces de l'ordre tant au Bourget qu'à Paris», souligne un rapport du Sénat.

Trois zones de sécurité

Ce même rapport précise que trois zones ont été découpées. «Dans la zone 1, la plus sensible, tout entrant fera l'objet d'une détection électromagnétique et les véhicules subiront un contrôle de déminage. Dans le périmètre de la zone 2, l'objectif sera d'assurer la liberté et la sécurité d'accès au site. Dans le périmètre de la zone 3, l'objectif sera de déceler tout rassemblement ou mouvement suspects», précise le rapport.

Outre cette mesure, Bernard Cazeneuve a expliqué vendredi matin sur BFMTV rétablir un contrôle aux frontières pendant un mois, à l'occasion de la conférence. «Pendant un mois, nous allons établir des contrôles aux frontières, ce qui n'est pas du tout une suspension de Schengen (...) qui prévoit dans un de ses articles la possibilité pour des États de le faire dans des circonstances particulières qui correspondent à la COP21», a annoncé le ministre de l'Intérieur. Ces contrôles, dont la France a informé ses partenaires mi-octobre, seront rétablis du 13 novembre au 13 décembre, a précisé le ministère de l'Intérieur, selon lequel il ne s'agit en aucun cas d'une «fermeture» des frontières.

Par William Plummer le 06/11/2015

Le Figaro