Oeil patriote

Boulevard Voltaire

Par Gabriel Robin, Secrétaire général du CLIC le 14/11/2015

L’horreur absolue a frappé dans Paris hier soir. Partout. Au hasard. Ces meurtres sont signés, ils portent un nom : islamisme.

Nous avons assisté au plus terrible attentat de l’histoire de France, inédit par son mode opératoire.

Plusieurs fusillades ont éclaté dans Paris, et deux explosions produites par des kamikazes ont retenti aux abords du Stade de France pendant le match de football opposant l’équipe de France à l’Allemagne. S’en est suivi un véritable carnage dans la salle de concert du Bataclan, au cours d’un spectacle du groupe de rock américain « Eagles of Death Metal ».

Pas loin de cent victimes innocentes ont été lâchement assassinées avant l’intervention des forces de la BRI. Les terroristes ont fait usage de grenades et de fusils d’assaut de type AK-47. Le scénario redouté, et prévisible, d’attentats multiples coordonnés s’est produit. Nous sommes rentrés dans l’ère de l’hyper-terrorisme, et la date du 13 novembre 2015 sera à marquer d’une pierre noire. Le cours de l’histoire a définitivement changé.

Faut-il en ce jour de deuil répéter à nouveau ce que nous nous évertuons à dire depuis déjà des années ?

Oui, il existe une France hors la France, une jeunesse qui a trop longtemps été excusée, une jeunesse issue de l’immigration qui ne se reconnaît pas dans notre civilisation, une jeunesse qui ne s’est pas assimilée.

Oui, une partie de la jeunesse autochtone se convertit, par désœuvrement spirituel ou pour être acceptée dans certaines parties du territoire national.

Oui, la France a commis de multiples erreurs géostratégiques, en Libye, en Syrie, et ailleurs.

Oui, notre justice a été trop laxiste, laissant des personnes se radicaliser en prison, puis en sortir et commettre l’horreur.

Oui, nos frontières sont poreuses, et le sont depuis trop longtemps.

Oui, les mosquées salafistes ont prospéré partout.

Oui, nous avons dit qu’il fallait désarmer les banlieues de toute urgence.

Oui, nous avons affirmé qu’il y avait des terroristes dans les bateaux de migrants clandestins.

Oui, nos dirigeants se sont rendus coupables de laxisme en ne voulant pas nommer l’ennemi ; pire, en le flattant parfois.

Oui, Bernard Cazeneuve prétendait récemment que « prôner le djihad » n’était pas un délit.

Oui, tout ça nous le savons par cœur.

Nous avons été des lanceurs d’alerte. Pour quel résultat ?

Des morts par centaines, un pouvoir autiste, et une intelligentsia niant la réalité. Si vous dites la vérité cinq minutes avant les autres, vous passerez pour fou pendant cinq minutes.

Maintenant, il faut agir. Il faut agir vite car la France est en guerre, seule face à son destin.

L’ennemi est connu comme l’a dit François Hollande. En application du plan rouge écarlate, l’état d’urgence a été proclamé pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, et les contrôles aux frontières feront leur retour (il aurait fallu les fermer). Preuve que le risque est maximal. C’est un début, mais ça n’est pas suffisant.

L’ennemi est intérieur, il est intime, il nous ronge. L’ennemi est en nous. Il prospère sur nos renoncements, nos faiblesses, sur notre incapacité à affirmer ce que nous sommes.

Plus que de la tristesse, je ressens de la colère. Aujourd’hui, je pense à mon fils de neuf mois. Quelle France vais-je lui léguer ? Sera-ce encore la France ? N’ayons pas peur, mais soyons lucides. Leur monde ne sera pas le nôtre. Ils connaitront la guerre que nous n’aurons pas eu le courage de gagner si nous ne faisons rien.