Calanques de Marseille

Communiqué de Philippe Maurer et Eric Richermoz du Collectif Nouvcelle Ecologie du 31/12/2015

Sur décision de Manuel Valls, le préfet de Provence-Alpes-Côte d’Azur vient d’autoriser l’usine de Gardanne à poursuivre ses rejets industriels toxiques et radioactifs dans le parc naturel des Calanques durant les six prochaines années.

Ce site de production bénéficie depuis des décennies du renouvellement d’autorisations de ce type, afin de mettre ses installations aux normes et d’en finir avec les rejets toxiques. La modernisation du traitement des rejets n’est pourtant toujours pas au niveau, malgré les aides publiques, comme par exemple des millions d’euros de rabais sur le prix de l’eau.

Les boues rouges recouvrent depuis des années les fonds marins. Cette situation saccage la biodiversité locale et met à mal l’activité des pêcheurs, sans compter l’atteinte à l’image de marque de la Côte d’Azur et des calanques. Des agences comme l’AGNSES ou l’IFREMER, qui ont analysé les rejets, tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité sanitaire des évacuations de mercure, d’arsenic et d’uranium.

La décision du gouvernement de prolonger les droits à polluer est donc anti-écologique. Elle est aussi anti économique et pose un problème majeur de santé publique.

La seule solution pour en finir avec cette intoxication de masse, tout en préservant l’emploi industriel, passe par l’innovation. Et c’est précisément par son laxisme et son incapacité à faire respecter à Altéo des critères environnementaux minimaux que le gouvernement retarde une nouvelle fois la mise aux normes du site.

C’est pourquoi il faut en finir avec cette complaisance vis-à-vis des rejets toxiques en étant beaucoup plus rigoureux quant aux rejets, en conditionnant réellement les aides, avantages fiscaux et autorisations d’exploitation à un effort bien plus conséquent sur l’innovation, en exigeant l’installation de systèmes efficaces de filtrage. L’objectif est, qu’au plus vite et avant 2021, on assiste à la fin effective des rejets toxiques et non à un énième report d’autorisation à intoxiquer ce trésor national qu’est notre littoral méditerranéen.

Collectif Nouvelle écologie