Mickey ballons

Boulevard Voltaire

Par Gabriel Robin, SG du CLIC le 30/01/2016

Contrairement à ce que laissent penser certaines idées reçues, l’actualité regorge de petits détails savoureux et humoristiques. Ainsi, ce jeudi, aux alentours de 14 heures, un homme a été appréhendé à l’entrée de l’hôtel New York du parc d’attractions Disneyland Paris. Il était en possession de deux pistolets de petit calibre, d’une boîte de cartouches et d’un Coran. L’homme est converti à l’islam. Âgé de 28 ans, cogérant d’une brasserie parisienne, il avait réservé une chambre pour deux personnes et comptait séjourner avec sa compagne.

À l’examen des faits, et compte tenu de la situation internationale et nationale, nombreux sont ceux qui penseront qu’un nouvel attentat terroriste islamiste a été déjoué. Ils se trompent. L’homme a déclaré « craindre pour sa sécurité » et « vouloir être en capacité de se protéger ». Logique, le parc Disneyland Paris est bien connu pour être un des coins chauds de la banlieue parisienne. On y risque sa vie à chaque instant. Les files d’attente durent des heures, les manèges donnent le tournis et l’excès de sucre américanisé peut entraîner le diabète.

Cette histoire abracadabrantesque a pourtant été avalée par les enquêteurs, qui estiment la piste terroriste « écartée ». Un converti à l’islam, armé, muni d’un Coran et séjournant dans un lieu hautement touristique symbolisant une facette de l’Occident (à vous de juger si c’est pour le pire) ne peut pas être un terroriste islamiste. Voyez-vous, ce monsieur était « inconnu » des services de renseignement. On constate, depuis quelque temps, qu’une large majorité des auteurs d’attentats sont fichés S. Pas besoin de pousser l’enquête plus loin, et croyons ce gérant de brasserie sur parole !

Vous avez comme un doute ? Moi aussi. Je ne suis pas l’inspecteur Columbo, mais mon petit doigt me dit que l’homme peut mentir et que le faisceau d’indices est édifiant. L’évidence est difficile à admettre pour les aveugles. Pensez donc qu’Éric Woerth a récemment affirmé que l’affaire Merah n’était pas un acte terroriste. Du délire.

L’État islamique a lancé un appel aux autoradicalisés. Ils doivent passer à l’action n’importe où, n’importe quand. Frapper au hasard pour entretenir le climat de psychose. Les candidats au suicide, dépressifs et autres asociaux peuvent trouver là une aubaine pour partir en fanfare. À mon avis, c’est même très précisément ce qu’il s’est passé au commissariat de la Goutte-d’Or au début du mois. Et ce qu’il se passe depuis l’an dernier avec les nombreux cas de terroristes « pieds nickelés » (les marchés de Noël attaqués en décembre 2014 en témoignent).

Je ne peux pas affirmer que l’homme arrêté à Disneyland Paris cherchait à perpétrer un attentat. Mais il me paraît néanmoins très difficile de l’exclure aussi rapidement que ne l’ont fait les enquêteurs. Ce énième cas révèle que de nombreuses personnes instables émotionnellement, et animées d’une idéologie étrangère profondément mortelle, sont aujourd’hui armées. Plus qu’inquiétant. Il est à craindre que l’année 2016 ne finisse comme sa devancière s’est achevée : dans les larmes.

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