Marine Valencienne 171015

Selon Marine Le Pen, la question de l'identité et celle des frontières se poseront de manière de plus en plus aiguë jusqu'à la présidentielle.

La crise migratoire de l'Union européenne est considérée comme un signe positif par le Front National parce qu'elle est perçue comme un élément déterminant de la présidentielle de 2017. Lors des dernières élections régionales, Marine Le Pen, candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, avait promis, si elle était élue à la tête de la région, d'alerter la presse internationale sur la tragédie des migrants à Calais. En 2015, sur ce thème de l'immigration, le Front National n'avait pas surjoué sa partition, estimant que les faits lui avaient donné suffisamment raison.

Selon Marine Le Pen, la question de l'identité et celle des frontières se poseront de manière de plus en plus aiguë jusqu'à la présidentielle. Elle l'a encore affirmé, le 29 janvier à Milan, lors du dernier rassemblement des huit pays du groupe qu'elle copréside au Parlement européen, «Europe des nations et des libertés».

«Les turpitudes de Schengen »

La présidente du FN a pointé la «dislocation» de l'UE comme un signe «encourageant» et «prometteur» pour les peuples européens. Elle a aussi dénoncé le rôle de la «monnaie unique» dans la crise grecque et les options diplomatiques de l'Europe. Mais surtout, l'eurodéputée a souligné l'impact de la crise migratoire sur le retournement de l'opinion publique, «partout» en Europe, selon elle. «Ce que l'on dénomme la crise des migrants a révélé, en profondeur, les immenses turpitudes de Schengen et est en train de précipiter sa fin», a-t-elle martelé, en fustigeant un accueil «massif» et «ininterrompu».

Début janvier, Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, a publié un communiqué sur les derniers chiffres de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Selon lui, entre 2014 et 2015, la France a enregistré une hausse de 22 % des demandes d'asile. «Alors que plus de 96 % des personnes déboutées du droit d'asile ne sont pas expulsées du territoire national, et que son coût est estimé à 2 milliards d'euros par an par la Cour des comptes, le gouvernement persiste en se soumettant aux injonctions de Bruxelles», a critiqué le député européen.

Marine Le Pen est allée plus loin à Milan. Elle a qualifié l'accélération de l'immigration d'«ultime bras armé» d'une politique «européiste», poursuivant selon elle le «funeste» projet d'«appauvrir et dissoudre les nations européennes» et de «noyer à jamais les civilisations». À ses yeux, la création d'un nouvel organisme de contrôle européen des frontières, piloté par la Commission européenne, ne serait rien d'autre qu'une forme de «mercenariat douanier européen» et annoncerait la «disparition définitive et irréversible de l'ensemble des frontières internes comme extérieures à l'UE».

Cette semaine, Florian Philippot, le vice-président du Front National, a moqué une étude de France Stratégie, l'institution rattachée au premier ministre. À cette expertise consacrée au coût économique d'un rétablissement permanent des frontières (10 milliards d'euros pour la France), qu'il a jugée «ridicule», le frontiste oppose le «coût financier et humain» de l'absence des frontières.

Pour lui, les victimes des attentats, les morts en Méditerranée, l'internationalisation des filières criminelles et l'explosion des trafics méritent d'apparaître dans l'évaluation de cet organisme officiel.

Par Emmanuel Galiero le 05/02/2016

Le Figaro