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L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par Nicole Pacot le 06/02/2016

Jean-Christophe Cambadélis l’a annoncé et confirmé le 6 février au soir à l’issue du Conseil national de son mouvement. La prochaine université d’été du Parti socialiste ne se déroulera pas à La Rochelle mais à Nantes, fief de l’ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Ce saut de puce de 150 kilomètres environ ne fera ni chaud ni froid aux lecteurs de Boulevard Voltaire. En revanche, il va faire couler beaucoup d’entre dans le Landernau de « Gôche ». Pourquoi partir de La Rochelle et de ses tours historiques ? Ce déplacement est-il symbolique ou plus politique ? Si l’on en croit les cadres du PS, cette décision a été prise dans le cadre du « dépassement du PS », la nouvelle stratégie d’alliances qui vise à rassembler le plus largement possible, avec l’objectif de conserver l’Élysée en 2017.

Mais quel rapport avec Nantes ou Pétaouchnock ? On a beau creuser, on ne trouve rien. David Assouline, sénateur de Paris et secrétaire national du PS à la culture, évoque des problèmes de logistique, d’organisation, d’hôtellerie, de transports… Il est vrai que La Rochelle était en sursis depuis quelques années et toujours d’après David Assouline, « Marseille a été évoqué ». Mais on voit mal le PS tenir ses universités dans une ville tenue par la droite.

Pour rappel, la décision d’aller à La Rochelle avait été prise peu après la déroute du PS aux législatives de mars 1993 et l’implosion du parti. Laurent Fabius, alors Premier secrétaire avait démissionné (le 3 avril) et Michel Rocard, nommé président de la direction nationale provisoire du PS. Les barons du Parti s’étaient écharpés pour organiser ces universités dans leur propre ville pour montrer leur influence. C’est Michel Crépeau, député-maire de La Rochelle qui, proche du PS en sa qualité de membre du PRG et qui ne nourrissait plus aucune ambition, avait soufflé le nom de sa ville. Poser l’université d’été dans la préfecture de Charente-Maritime, c’était la rendre moins nomade même si les caciques socialistes se retrouvaient, auparavant, assez souvent dans le Var.

On ne sait pas encore si François Hollande, qui suit toujours de près la vie de son parti, et Ségolène Royal ont pesé de tout leur poids dans la décision de Cambadélis. Toujours est-il que l’actuelle ministre de l’Écologie (et future Garde des Sceaux) doit intérieurement jubiler. Au moins, ses adversaires attitrés, Jean-François Foutaine, maire de la Rochelle et surtout Olivier Falorni, député de la première circonscription de Charente-Maritime, qui lui avait interdit de retrouver les bancs de l’Assemblée, ne pavaneront-ils plus devant les caméras de télévision à chaque université socialiste ! En plus, Hollande a l’impression de récompenser son ancien chef de Gouvernement. Bref, tout le monde sera content.

Une chose est sûre, les congressistes pourront se rendre à Nantes en avion (ce qui fâchera les écolos) mais ils ne pourront pas encore atterrir à Notre-Dame-des-Landes.

Ce qui les rassurera.