Collectif Nouvelle Ecologie 1

Communiqué de presse de Philippe Murer et Éric Richermoz, direction nationale du Collectif Nouvelle Écologie du 11/02/2016

La cour suprême américaine a suspendu, ce mardi 9 février, le plan proposé par Barack Obama en vue d’une réduction de 32% des gaz à effet de serre liés à la production électrique du pays. Cette mesure du plan américain pour une énergie propre (America’s Clean Power Plan) devait s’inscrire dans la continuité des accords internationaux contre le réchauffement climatique adoptés lors de la fameuse COP21 à Paris.

Ainsi, le recul du second plus gros producteur de CO2 au monde est un vrai coup dur pour tous ceux qui ont voulu croire qu’un tournant écologique s’était initié ce 12 décembre 2015 par la grâce d’un accord international. Une fois encore, nous ne pouvons faire qu’un constat malheureux au sujet des grands engagements mondiaux, et l’on pourrait presque, de manière empirique, proposer la reconnaissance d’une loi fondamentale qui semble s’appliquer de façon systématique à ces accords internationaux.

Il semble en effet que l’impact réel d’une politique internationale soit inversement proportionnel à la communication qui lui est consacrée. Prenez la COP21, mettez-y un maximum de médias, de déclarations symboliques, d’embrassades et de pleurs, ajoutez quelques cris de joie devant les caméras, vous aurez sans nul doute de quoi constituer un véritable scénario hollywoodien sur fond de catastrophe planétaire évitée, mais ne vous attendez pas au moindre progrès dans la conduite lamentable des politiques climatiques menées à travers le monde.

À l’inverse, on ne peut que constater l’extrême discrétion des grands accords de libre-échange, qui se négocient dans l’ombre, et qui se caractérisent par leur redoutable efficacité à ajouter de nombreux OGM, pesticides et autres poisons mortels dans notre air, dans nos sols ou dans nos assiettes dans le seul but d’enrichir quelques compagnies qui prospèrent contre l’intérêt des peuples, qu’il soit économique, environnemental, social, sanitaire, politique, etc…

Alors que la COP21 semble déjà montrer ses limites, nous souhaitons voir les gouvernements prendre de véritables mesures : moins de communication et plus de concret, moins de mondial et plus de local, la fin des politiques de spectacle à l’image de cette COP21 à 190 millions d’euros. Les actions de politique climatique ne peuvent être décidées et mises en place qu’au niveau national, seul cadre politique légitime ; l’essaimage des idées par l’exemplarité et la reprise des meilleures pratiques permettront alors la diffusion des stratégies de lutte efficaces contre le changement climatique.

Collectif Nouvelle Ecologie