Marine marchande

Communiqué de Loup Viallet, président du COMEF, et du capitaine Philippe Sanchez du 15/02/2016

La proposition de loi pour « économie bleue » présentée par le groupe PS de la commission développement durable vient d’être votée en 1ère lecture à l’Assemblée Nationale le 3 février dernier. Cette loi va élargir le RIF (Registre International Français) aux navires de pêche et aux navires à passagers effectuant des traversées entre l’Europe et les pays hors UE. Contrairement au pavillon français 1er registre, le RIF n’est rien d’autre qu’un pavillon de complaisance, créé par la loi du 03 mai 2005, déjà utilisé au long cours et au cabotage international pour tenter de rivaliser avec le cercle vicieux de la concurrence internationale.

Sur les navires sous RIF, seul le Capitaine et son second sont français, l’équipage étant composé d’au minimum 25% d’européens, les autres membres étant extra-européens. En clair, ce pavillon favorise les armateurs avec des avantages fiscaux et surtout autorise l’emploi de marins étrangers à bas coûts.

L’année dernière, la SNCM effectuait des traversées vers l’Afrique du Nord sous pavillon français 1er registre avec un équipage 100% français. Depuis janvier la SNCM a été liquidée par la Commission Européenne et les traversées pourront se faire avec des navires sans équipage français et il en sera de même pour les grands navires de pêche professionnelle : belle perspective d’avenir pour les officiers et équipages qui sortent des écoles de la Marine Marchande !

Cette loi censée développer le secteur maritime va autoriser les jeux de hasard sur tous les navires à passagers français pour attirer la clientèle : un bel enrichissement et un net progrès !

Suite à l’embrasement terroriste islamiste, deux autres points phares de cette loi sont le recueil de données privées de tous les passagers, comme revu récemment dans le secteur aérien, au mépris de la protection des données privées, ainsi que la création d’une flotte marchande dite stratégique pour compléter les forces armées et assurer les approvisionnements en cas de crise: en effet face aux baisses drastiques des budgets pour l’armée et notamment pour la Marine Nationale, quoi de mieux que de puiser dans la maigre réserve de ce qui reste à la France de navires de la Marine Marchande !

Sous couvert de développement économique, cette loi ultralibérale réduit encore plus les perspectives d’emplois des marins français et fragilise l’ensemble du secteur maritime, de plus en plus aux mains d’armateurs et d’investisseurs privés !

Front National