Soldiers of Odin

Confrontée à un afflux de migrants sans précédent, la Finlande doit également faire face à la gronde de ses habitants, dont certains, soucieux de leur sécurité, se sont organisés en milice.

Dieu principal de la mythologie nordique, avec tout ce que cela implique de complexité, Odin peut être considéré comme une figure céleste dotée de nombreuses « attributions », puisqu’il est à la fois le « patron » de la poésie, de la chasse, des morts, du savoir mais également de la victoire et de la guerre.

Auréolés de cet « humble » patronage, une poignée de Finlandais, inquiets pour leur sécurité, se sont réunis sous la bannière du dieu nordique après l’arrivée de 35 000 migrants sur leur terre.  Fort de ce postulat, les Soldats d’Odin –une patrouille d’autodéfense comme définie par ses membres- ont vu le jour, comme le rappelle Le Figaro, en octobre dernier, sous l’impulsion de Mika Ranta, un jeune camionneur de 29 ans, dans la ville de Kemi, à quelques encablures de la frontière suédoise, point stratégique, car principale porte d’entrée des migrants dans le pays.

« Arrêter cette folie »

La défiance grimpante de l’opinion publique finlandaise, à l’encontre des réfugiés a enjoint de plus en plus d’habitants à venir gonfler les rangs de l’organisation qui a connu une « vague » de renforts après des violences et autres agressions sexuelles similaires à ceux de Cologne, survenus dans la capitale finlandaise, Helsinki, le soir du Nouvel An.

« Nous sommes à présent environ 500, répartis dans toute la Finlande », assure Tiia, une « soldat » d’Odin dans les colonnes du quotidien. Et ses camarades de surenchérir. « Nous avons aussi des antennes dans d’autres pays, comme la Suède ou la Norvège.  Les policiers d’Hyvinkää (au nord d’Helsinki) nous ont invités à prendre un  café quand nous avons fondé notre groupe. Ils ont vu  que nous ne faisions rien d’illégal », ajoute Janne, ouvrier métallurgiste.

Les membres de l’organisation prennent également leur distance avec les médias, accusés de les caricaturer, rappelant, à juste titre, qu’aucun incident impliquant les soldats d’Odin n’a été recensé dans le pays. Néanmoins, ces derniers demeurent résolument inquiets pour l’avenir.

« Nous voulons que l’on ferme les frontières et que l’on arrête cette folie, le gouvernement ne contrôle rien du tout », déplore Tiia.

Le 19/02/2016

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