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Tribune de Gilbert Collard, Député RBM du Gard du 17/03/2016

Le 19 mars est une date funèbre ; c’est, sans doute, la raison mortifère pour laquelle François Hollande, contrairement à ses prédécesseurs, a décidé de commémorer le 19 mars, date du cessez-le feu, qui vit s’abattre sur les Pieds-noirs et les Harkis un abandon assassin.

Cette date est une tristesse.

La guerre commence le 1er novembre 1954.

Du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le 12 novembre 1954, Pierre Mendes France déclare : « Il n’y aura aucun aménagement contre la sédition », et François Mitterrand : « l’Algérie, c’est la France ! ».

Que de mensonges ! Depuis la parole politique est en berne, en deuil des mots.

Le 12 mars 1956, Guy Mollet, caché derrière ses grosses lunettes, obtient de la représentation nationale que l’armée détienne les pouvoirs de police avec une majorité de 455 voix, y compris, oui, celles de tous les…communistes ! Ils ont des trous de mémoire profonds comme des impacts de balle. C’est en ces temps que le recours à la torture commence… Les mêmes passeront leur vie à repasser les froissements de leur conscience en dénonçant des pratiques instaurées par eux !

La gauche morale gagne toujours la bataille des mots au culot !

Et puis, on a, d’un balcon, l ‘incompréhensible : « Je vous ai compris » !

Tombe alors sur la nuque, le 8 novembre 1961, le référendum sur l’autodétermination avec son poids de 75,2% de oui !

Les pieds-noirs deviennent les orphelins d’une terre française qui ne l’est plus.

La marche de l’histoire les a piétinés. Son inexorabilité pouvait se passer des mensonges, des reniements, des tromperies, des abandons.

Tout est consommé, le 18 mars 1962, avec les accords d’Evian, approuvés par 90,7% des Français !

A compter de cette date, c’est l’abandon, la révolte, la folie, la furie, le lâchage entre les mains des lyncheurs ; la mère patrie commet un parricide.

Dès le 19 mars, des harkis et des civils musulmans sont lynchés sous les regards inertes de l’armée française : 60 000 à 80 000 harkis, désarmés, sont massacrés.

Le 26 mars, c’est le drame de la rue d’Isly où périssent entre 46 et 62 innocents qui commettaient le crime de crier leur désespoir.

En un an, 34 000 européens seront enlevés, dont des soldats ; on en retrouvera 1500

Le 5 juillet, jour de l’indépendance, 400 à 800 pieds-noirs seront tués.

Gaston Defferre, maire de Marseille et futur Ministre de l’intérieur de François Mitterrand, accueille les survivants d’une phrase qui refroidirait tous les migrants : « qu’ils quittent Marseille en vitesse. »

La date commémorative du 19 mars divise et oublie les morts pour une France qui n’était plus mais qui demeurait dans les cœurs : on ne célèbre pas une date qui est un cimetière !

Gilbert Collard