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L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
Par Nicolas Gauthier le 13/04/2016

C’était bien la peine de vomir sur l’ORTF, la « télé de papa », quand Alain Peyrefitte, ministre de l’Information du général de Gaulle, dictait le sommaire des journaux d’information. En effet, en ces temps de « transparence », tout a changé ; enfin, pas vraiment.

Ainsi, après le récent raout dominical d’Emmanuel Macron sur France 2, probable futur Premier ministre d’Alain Juppé, Manuel Valls, François Hollande, voire Jacques Cheminade (au lecteur de cocher la case idoine), c’est l’actuel Président qui s’apprête, jeudi prochain, à venir « dialoguer » avec les Français sur la chaîne de service public plus haut évoquée.

Seulement voilà, nous révèle Le Monde, des « Français », oui ; mais pas n’importe lesquels. Comme quoi on peut être à la fois contre la sélection des élèves à l’université et pour dès qu’il s’agit de les faire entrer à la télé. Sont donc recalés et « déprogrammés » Nadine Hournant, déléguée syndicale Force ouvrière du volailler Doux, société prise dans la tourmente du capitalisme mondialisé, et un paysan anonyme.

Il est vrai que ces deux Français « invisibles » auraient pu être par trop voyants et risquaient de ne pas jouer le jeu…

Du côté de l’Élysée, évidemment, on dément. Ou l’on ment, c’est selon. À en croire nos confrères du Point, « contacté par l’AFP, France Télévisions admet que ces deux participants ont été écartés, mais assure n’avoir jamais eu de pression de l’Élysée et que c’est une décision de la chaîne ». Au Château, le son de cloche est, bien sûr, différent : « C’est totalement faux, France 2 a déterminé le casting des citoyens qui allaient dialoguer avec le Président et des journalistes choisis pour l’interroger. France Télévisions dit avoir fourni, “pour des raisons de sécurité”, les “grands équilibres” de l’émission, mais pas davantage. »

Pas davantage ? Déjà, rien que ce verbiage : « casting », « citoyens », « sécurité »… entre novlangue hollywoodienne, sabir républicain et bréviaire sécuritaire. Comme si cette infortunée syndicaliste et ce malheureux paysan allaient se faire sauter sur le plateau, ceints d’explosifs, façon Daech. Remarquez, pour une fois, l’audience aurait été au rendez-vous.

Et, cerise sur le gâteau, on apprend par Marianne que le public a, lui aussi, été trié sur le volet. Et l’hebdo de préciser : pas la peine de « nettoyer le panel si c’est pour voir surgir, en plein direct, un trublion décidé à interpeller par surprise le chef de l’État. Un participant à “Nuit debout”, par exemple… » Alors, comment fait-on pour l’éviter ? On envoie un carton d’invitation pour participer à l’émission à tous les salariés du groupe. Ben voyons !

Du coup, certains tentent de botter en touche. Ce serait un peu la faute de Michel Field, transfuge de TF1 et désormais directeur de l’information de France Télévisions. Selon Le Parisien, il serait « méprisant » et « menteur » ; voire « désinvolte ». Pour ceux qui connaissent le bonhomme, ces deux premiers noms d’oiseaux ne tiennent guère la route. Pour le dernier, on dira que cela fait aussi partie de ses qualités.

En revanche, et ce, toujours à propos de casting, il sera des plus licites de s’interroger sur cette question : Delphine Ernotte, patronne de la télévision d’État, ne s’était-elle donc pas donné pour sacro-sainte mission d’éradiquer du service public tous les « mâles blancs de plus de cinquante ans » ? Et tout cela pour embaucher Michel Field, un peu mâle, un peu blanc et ayant depuis longtemps dépassé la cinquantaine.

On notera encore que François Hollande répond lui aussi au même signalement. Alors, qui, pour prendre sa place à l’Élysée et satisfaire à la frénésie de purges du Tout-Paris bien-pensant ? On ne voit guère que Nabilla. Non mais, allô, quoi ? Seul problème : à force d’être sonnés dans le vide, les Français peinent de plus en plus à décrocher leur téléphone…