Dilma Roussef

Le début de la fin pour Dilma Roussef à la tête du Brésil. Les députés brésiliens ont ouvert, dimanche 17 avril, la voie d'une destitution de la présidente de gauche par le Sénat à une écrasante majorité, lors d'un vote historique. Le camp de la destitution l'a emporté par 367 voix, 25 de plus que les 342 requises - soit les deux tiers de l'Assemblée - pour autoriser le sénat à mettre en accusation la présidente. Seuls 137 députés, de gauche et d'extrême gauche pour l'essentiel, ont voté contre la destitution. Sept députés uniquement se sont abstenus et trois étaient absents.

Empoignades, insultes: cette session extraordinaire s'est déroulée dans un lourd climat d'affrontement dès son ouverture par le président du Congrès Eduardo Cunha, ennemi juré de la présidente, inculpé pour corruption dans le scandale des détournements de fonds du géant pétrolier étatique Petrobras, et sous les huées des élus de gauche.

Accusée de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015 pour masquer l'ampleur de la crise économique, Dilma Rousseff nie avoir commis un crime dit "de responsabilité" et dénonce une tentative de "coup d'Etat" institutionnel. Elle avait annoncé qu'elle "lutterait jusqu'à la dernière minute de la seconde mi-temps".

Mais son mandat ne tient désormais plus qu'à un fil: D'ici le 11 mai, il suffira d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour qu'elle soit formellement mise en accusation pour "crime de responsabilité" et écartée du pouvoir pendant 180 jours au maximum, en attendant un verdict final.

Le 17/04/2016

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