Hollande Kazahkstan

François Hollande croit toujours à son étoile. Alors qu'il stagne à 19% d'opinions positives dans les sondages, le président de la République veut espérer une réélection en 2017. Pour y arriver, il n'hésite pas à faire du pied à son électorat en modifiant son agenda politique.

Le salaire des enseignants revalorisé

C'est Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education, qui l'a annoncé dans les colonnes du JDD ce week-end. Le salaire des enseignants du premier degré sera revalorisé dès la prochaine rentrée scolaire. L'objectif selon la ministre? Réduire l'écart de salaire avec les enseignants du secondaire.

"Ils seront augmentés, évidemment. C'est plus que légitime et ils peuvent compter sur moi. L'idée c'est que cela entre en vigueur à la rentrée prochaine. Il y aura des annonces prochaines sur ce sujet", a précisé la ministre, le 12 avril, au micro de RMC.

L'annonce n'est pas anodine à un an de la prochaine élection présidentielle. En mai 2012, 44% du corps enseignant avait voté pour François Hollande, tous degrés confondus. Un plébiscite qui n'a pas duré pour le président de la République. En juillet 2015, et ce malgré les annonces d'embauche dans l'enseignement, ils n'étaient plus que 21% à souhaiter voter pour lui. Interrogés par RMC, certains enseignants se sont montrés dubitatifs.

"En nous donnant une prime comme ça, je pense qu'on essaye d'acheter des voix, on essaye d'acheter la paix sociale, les élections se profilent en 2017..." estime l'un d'eux.

Une baisse d'impôts qui tombe à pic

Après trois baisses consécutives en 2014, 2015 et 2016, l'Elysée songerait à réitérer en 2017. D'après Les Echos, François Hollande souhaiterait ainsi confirmer que "ça va mieux". "L'ampleur du geste dépendra des marges de manœuvre. Il y a aussi de nouvelles dépenses auxquelles il faut faire face", affirme l'entourage du président dans le quotidien.

Si les modalités de cette baisse d'impôts ne sont pour l'instant pas fixées, le message est clair. A un an de la présidentielle, François Hollande rappelle qu'il se veut le candidat de la gauche, même si celle-ci a de plus en plus de mal à le suivre. Une telle mesure est toutefois loin d'être acquise: le Medef s'inquiète déjà. Cité par Le Figaro, Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président de l'organisation, s'inquiète: "est-ce que l'état de la France, surtout l'état de son déficit le permet? Je ne suis pas sûr".

Un grand plan pour la jeunesse

Le projet de Loi Travail est un sujet sensible. Alors que la mobilisation contre le texte porté par Myriam El Khomri a été forte, le gouvernement a fait un geste en direction de ses opposants. Le 11 avril, Manuel Valls a annoncé la mise en place d'un "plan pour la jeunesse" doté de 400 à 500 millions d'euros. Au menu: taxation des CDD, aide à la recherche d'un premier emploi ou prime au retour aux études pour les élèves qui auraient décroché.

C'est notamment grâce aux voix des 18-25 ans que François Hollande l'avait emporté au second tour de l'élection présidentielle de 2012. Les jeunes s'étaient portés à 57% sur sa candidature. C'est sans doute ce qui a poussé François Hollande à saluer le mouvement "Nuit debout". Le président a félicité le fait que la politique se fasse aussi "en dehors des partis".

Par Paul Aveline le 02/05/2016

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