Affiche CGT sur la police mai 2016

Après les violences qui ont jalonné les manifestations du 1er Mai, et deux semaines après la diffusion d'une affiche polémique dénonçant des violences policières, le dernier-né des visuels de la Confédération générale du travail défraye de nouveau la chronique. Six CRS en rang d'oignons y sont représentés sur un sol maculé de rouge, symbolisant le sang. « Loi travail, stop à la répression ! » prône l'image publiée dimanche par le syndicat Info'com de la CGT, qui regroupe les salariés de l'information et de la communication. Ajoutant sur son site : « Les manifestations du 1er Mai ont été l'occasion pour le pouvoir dirigeant les forces de l'ordre de passer un cap dans l'intimidation des manifestants en coupant délibérément le cortège parisien. »

L'association Synergie-Officiers s'est de son côté déclarée « scandalisée » par ce montage. Le deuxième syndicat des officiers de police a dénoncé dans un communiqué « une campagne ignoble, d'une violence inouïe », fustigeant un « torchon inspiré des pires heures de notre histoire ». Si bien que Synergie-Officiers a demandé dans la foulée au ministère de l'Intérieur de déposer une plainte contre une affiche jugée « calomnieuse ». « Il est désormais clair que la CGT rejoint les camps des casseurs et du totalitarisme de la rue », estime le syndicat, outré.

Dimanche, après le traditionnel défilé de la fête du Travail, Philippe Martinez, numéro un de la CGT, avait enjoint au gouvernement de « faire la clarté sur les ordres qui sont donnés ». Les réactions politiques se sont multipliées dès le lendemain sur Twitter. Certains membres du parti Les Républicains, comme Christian Estrosi et Éric Ciotti, ont qualifié la CGT de « syndicat de la honte ». Même son de cloche au Front National, par l'intermédiaire de Florian Philippot, selon qui le syndicat « récidive dans l'immonde ». Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est pour le moment contenté de féliciter dans un communiqué la police et la gendarmerie pour avoir assuré la sécurité lors des défilés du 1er Mai.

Le 03/05/2016

Le Point