Verdun Meuse

Tribune de Gilbert Collard, Député du RBM-FN du Gard, Secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine, Membre du bureau politique du FN du 30/05/2016

Verdun, « le jardin des morts ». Trois cents jours et trois cents nuits d’une horrible bataille. Des croix de bois, des croix fantômes sur l’immense charnier du sacrifice où s’accomplit « la plus terrible bataille que l’humanité ait connue ».

Ils sont morts pour la patrie, un mot aujourd’hui démodé, un mot qu’il faut tuer comme ces poilus qu’on tue une deuxième fois en transformant l’hommage en marathon morbide, en zinzins, en tam-tams, en échasses. Tout cela est voulu, tout ce cirque n’est pas le chapiteau improvisé de l’auguste Merkel et du contre-pitre Hollande.

Il faut que ces morts, « ces petits gars », comme ils s’appelaient entre eux, s’effacent de la mémoire héroïque pour entrer dans le spectacle, le festif, la dansette médiatique. Ils ont aimé la patrie, le pays, au point de mourir si jeunes : il faut en rire, en courir au milieu des tombes, au milieu des morts, au milieu des silences dans lesquels se sont figés pour l’éternité les visages des sacrifiés.

Tout ce cirque est voulu : l’armée des pitres saccage l’armée des morts !

Tout ce cirque est voulu : l’armée des pitres transforme en bouffonnerie le sacrifice collectif d’hommes qui chantaient en mourant : « ils ne passeront pas ! ».

C’est l’idée de patrie qu’ils veulent, l’air de rien, l’air de clowns, ridiculiser ; c’est l’idée du sacrifice qu’ils veulent rendre futile en le scénarisant dans un jogging sur la verte pelouse aux croix blanches.

Que dirait Lazare Ponticelli, le dernier poilu à qui hommage fut rendu aux Invalides, de cette course molle, dégingandée, sur les tombes de ses frères d’armes, tombés au champ d’honneur… Aujourd’hui, déshonorés !

Gilbert Collard