Comte Nicolas SGP

Tous les moyens ont-ils été déployés pour empêcher les violences en marge des manifestations anti-loi Travail? Nicolas Comte, secrétaire général adjoint Unité SGP Police FO, était l'invité d'Olivier Truchot dans BFM Story pour revenir sur les nombreux débordements lors des derniers rassemblements contre le projet de loi El Khomri. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué lundi dans une lettre que le prochain défilé prévu par les organisations syndicales à Paris "n'apparaissait pas envisageable". Le syndicaliste a estimé que tous les moyens n'avaient pas été mis en place pour empêcher les exactions des casseurs.

"Une incompréhension chez les policiers"

"Depuis le début, à aucun moment, nous avons été en capacité de stopper les casseurs. Au départ, il y a eu des problèmes avec les services d'ordre des organisations syndicales qui n'avaient pas forcément pris la mesure de tout cela", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, les casseurs sont maintenus à l'extérieur du cortège syndical. Nos collègues, notamment sur la dernière manifestation, nous ont fait part, de casseurs qu'on laissait s'installer pendant de nombreuses minutes sans intervenir et qui se préparaient à donner l'assaut aux fonctionnaires de police. Il y a une incompréhension chez les policiers sur la gestion du maintien de l'ordre. On a l'impression qu'on n'a pas tout fait pour interpeller, pour empêcher les casseurs", a-t-il regretté.

"Ca a été mal géré"

Nicolas Comte a tenu à préciser: "Je ne suis pas théoricien du complot, je ne pense pas que ce soit un complot. Je pense que ça a été mal géré". Son organisation syndicale sera reçue demain par la préfecture de police. "Nous ne voulons pas reproduire le fiasco de la semaine dernière avec des dizaines de policiers blessés, pour certains, à qui on avait retiré les moyens de se défendre", a-t-il insisté.

Le syndicaliste a estimé qu'il était paradoxal d'interdire une manifestation alors que "nous pensons que tout n'a pas été fait pour faire en sorte qu'elle se déroule bien". Il pense que la menace de l'interdiction intervient à "un drôle de moment". "La fatigue des policiers, cela fait des mois que nous la dénonçons, rien n'a été fait pour permettre à mes collègues de se reposer. Quand on demandait la suppression de Nuit Debout, on ne nous écoutait pas, a-t-il déploré. "Mes collègues savent faire, encore faut-il que les ordres arrivent, qu'ils soient cohérents et que la transmission, les instructions soient rapides", a-t-il ajouté. Nicolas Comte a l'impression "qu'aujourd'hui que c'est plus un problème d'ordre politique que d'ordre public".

Le 20/06/2016

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