Brexit froggys

"Champagne !" a exulté vendredi à l'annonce du "Brexit" le Front National, qui veut s'appuyer sur le vote des Britanniques, à moins d'un an de la présidentielle, pour pousser sa proposition d'un référendum français sur l'Union européenne. Dès les résultats officialisés, Marine Le Pen s'est réjouie sur Twitter : "victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l'UE".

L'extrême droite voit dans le Brexit une répétition grandeur nature de ce que le FN veut pour la France... avec ses avantages et ses inconvénients. "Les bourses peuvent bien chuter, un peuple vient de choisir de reprendre sa liberté; cela n'a pas de prix", affirme un proche de Florian Philippot. "Les Français doivent avoir le droit de choisir", a résumé Marion Maréchal-Le Pen. Sa tante rêve d'ailleurs de transformer la présidentielle en un scrutin sur l'UE: "mondialistes" pro-UE contre "patriotes" anti-UE.

"C'est le moment d'avoir un plan B"
Au-delà du FN, c'est l'ensemble du camp souverainiste qui se réjouissait vendredi. Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle et allié de l'une des principales figures britanniques du "Leave", Nigel Farage, a vu dans cette victoire "un accélérateur de l'Histoire et une chance historique de refonder enfin l'Europe". Le #Brexit donne une leçon à toute l'Europe : l'Union européenne, on la change ou on la quitte. C'est le moment d'avoir un plan B", a réagi Jean-Luc Mélenchon. Et le candidat du Front de gauche en 2012 de proclamer : "Ma candidature pour l'élection présidentielle est celle de la sortie des traités européens. C'est le début de la fin d'une époque."

Bien évidemment, à droite comme à gauche, on craint que le Brexit ne constitue une onde de choc qui bouleverse la présidentielle française. Alain Juppé, présenté par les sondages comme le plus probable rival de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, a aussitôt mis en garde contre l'organisation d'un référendum: ce serait "offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen", a-t-il concédé.

De son côté, Manuel Valls a estimé à Ris-Orangis (Essonne) que la victoire du Brexit en Grande-Bretagne était le "révélateur d'un malaise trop longtemps ignoré" au sein de l'Union européenne. "C'est le moment d'être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe en écoutant les peuples", a déclaré lors d'un déplacement dans l'Essonne le Premier ministre, pour qui "l'Europe ne doit plus intervenir partout, tout le temps". La victoire du camp du Brexit en Grande-Bretagne, "c'est une déflagration à l'échelle du continent et du monde", a jugé M. Valls, notant toutefois qu'"il faut respecter" le "choix libre des Britanniques".

Le 24/06/2016

LCI