Réalité Virtuelle-600

Boulevard Voltaire

Par Matthieu Baumier le 01/07/2016*

Ainsi, il y a des menteurs.

Uniquement dans le camp des partisans d’une sortie de l’Union européenne. Au Royaume autrefois Uni, d’ailleurs, les partisans du Brexit l’on emporté car ils ont fait de fausses promesses. Pire : des promesses dont ils savaient qu’elles seraient intenables. Oh… les grands méchants… Des hommes politiques pas comme il faut, cela… Leurs adversaires, en revanche… mentir ne leur viendrait aucunement à l’idée. Jamais. Tout le monde en est convaincu. Il n’est que de regarder la manière dont les promesses de campagne, quelles que soient les élections, sont respectées une fois les scrutins terminés.

Non, vraiment, faire de fausses promesses, c’est mal. Des exemples de promesses que personne n’oserait faire ? En laissant de côté celles de l’ancien candidat Hollande, promesses dont plus personne ne connaît la teneur tant la politique menée en est éloignée ? Donc…

Personne n’oserait promettre qu’unir les pays du continent européen conduirait ce même continent, du moins les pays réunis, à la croissance économique, à l’absence de chômage, à la paix

Personne n’oserait ou n’aurait osé dire ou écrire ou – pire – promettre que l’Union européenne aurait vocation à permettre aux peuples de vivre mieux, avec un boulot, un salaire décent, dans la sécurité, ou encore que l’union permettrait de défendre la civilisation commune européenne.

Non, non.

Chacun sera bien en accord sur ce point : seuls de sacrés menteurs oseraient faire de telles promesses. Dans ce faux monde qu’est l’Union européenne, il va sans dire qu’aucun homme politique européiste n’a jamais promis rien de tel. Et que l’Union européenne n’a jamais eu de tels objectifs.

Sinon ? Si de telles promesses ridicules avaient été prononcées ? Eh bien… Que se serait-il passé ? Les peuples européens, c’est-à-dire le pays réel cher à Maurras (on ne lit plus assez Maurras, surtout chez les libéraux-libertaires oligarques), trouveraient sans peine le moyen de s’opposer. Car dans une démocratie telle que l’Union européenne, il va sans dire que le droit de s’opposer, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est un droit respecté.

Comme le droit de vote, d’ailleurs. Aucun homme politique n’aurait, par exemple, l’idée saugrenue d’annuler le vote référendaire d’un peuple en faisant revoter un texte par un Parlement, ou de manipuler les foules par des médias aux ordres. Ce serait une sacrée manière de mentir que de faire cela. Les peuples diraient « non » contre de tels mensonges, s’ils existaient. Et ce « non » serait entendu, bien sûr, car dans une Union européenne sans mensonges et sans fausses promesses, les hommes politiques (qui ne sont ni des « élites » ni une « oligarchie », cela va sans dire) seraient à l’écoute des peuples et du pays réel.

Ainsi, il convient d’éviter toute forme de mauvais esprit : l’Union européenne, ce n’est vraiment pas « Tintin au pays des Soviets ».

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.