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Que ce soit au carré de Nanterre ou sur le terrain à Nice, des cadres du Front National font état d'un mouvement d'engouement pour le parti de Marine Le Pen, suite à l'attentat du 14 juillet.

«On ne donnera pas de chiffres, nous ne voulons pas avoir l'air de profiter d'un tel drame», explique au Scan ce lundi Jean-Lin Lacapelle. Interrogé la veille dans Le Parisien, le secrétaire national du FN aux fédérations annonçait «un boom d'adhésions depuis» le drame qui a ensanglanté Nice le 14 juillet dernier. «Nous avons d'abord détecté une très forte activité sur les réseaux sociaux au sujet du FN et de là les prises de contact se sont multipliées», détaille aujourd'hui celui que l'on surnomme le «super-DRH» du FN. «Comme lors des précédents attentats le pic est très important. Malheureusement, au vu des circonstances, ai-je envie de dire».

«La vague d'émotion est très forte. Nos compatriotes sont de plus en plus nombreux à vouloir s'engager, et nous apparaissons comme les seuls à proposer de véritables solutions», analyse le vice-président du groupe FN au conseil régional francilien. Un point de vue qui semble corroboré par les observations de terrain d'élus FN niçois, à l'image du conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), Philippe Vardon. «Depuis le 14 juillet, les gens viennent à moi», raconte ce farouche opposant d'Estrosi, qu'il accuse de collusion avec le milieu islamiste. «Je suis très identifié localement pour mes engagements contre l'islam radical. On vient me dire: “C'est vous qui aviez raison et on ne vous a pas écouté”. Mais dans ce contexte j'aurai préféré avoir tort», assure cet ancien responsable identitaire, qui estime se trouver «en position de lanceur d'alerte» au vu du drame.
«La responsabilité d'Estrosi est écrasante»

Précisant que le recrutement va bon train au sein de la fédération à laquelle il appartient, Philippe Vardon ajoute: «On a énormément de retours. On sent une volonté de réaction et d'engagement. Au matin du 15 juillet, rien que sur ma page Facebook, il y avait 112 commentaires de soutien et d'adhésion. Tout ça se traduit ensuite au niveau de la fédération». «L'émotion a été très forte dans Nice. Tout le monde se connaît, tout le monde a un proche ou une connaissance affectée par l'attentat. Et puisque les gens connaissent mon combat, certains se tournent vers moi», ajoute-t-il.

Pas de chiffres détaillés là non plus par souci d'éviter tout triomphalisme, mais un responsable bien identifié: Christian Estrosi. «Cela fait des années que je pointe ses collusions avec l'UOIF, proche des frères musulmans. Sa responsabilité est écrasante: il accuse l'État de n'avoir pas fourni assez des forces de police pour la soirée du 14 Juillet. Mais si les conditions de sécurité n'étaient pas réunies, pourquoi avoir autorisé la manifestation?», s'interroge l'ancien animateur du groupuscule Nissa Rebela. Une chose est sûre, le frontiste niçois entend obtenir des comptes après «l'immense relâchement dû à l'autosatisfaction qui a succédé à l'Euro 2016», et mise sur un futur progrès dans les urnes.

Par Marc de Boni le 18/07/2016

Le Figaro