Enfant trisomique

Par un décret et un arrêté, pris les 3 et 11 mai dernier, le gouvernement a mis en place un fichier national pour le dépistage de la trisomie 21 avant la naissance. A l'insu des femmes qui ont fait le dépistage, les médecins seront désormais obligés de transmettre les données relatives à leur grossesse et leur bébé à l'Agence de Biomédecine. La fondation Jérôme Lejeune dénonce un "eugénisme d'Etat".

"Un eugénisme d’Etat peut être une réalité sans qu’il y ait une volonté d’un gouvernement d’éradiquer. C’est la situation de la France". Dans un communiqué publié sur son site, le président de la fondation Jérôme Lejeune, Jean-Marie Le Méné, dénonce la création d'un "fichage national pour la trisomie 21". Par deux dispositions règlementaires, prises en mai 2016, le gouvernement a mis en place un fichier national relatif au dépistage prénatal de la trisomie 21.

L'objectif ? Rendre obligatoire, pour tous les professionnels de la grossesse, la transmission à une "Agence de Biomédecine", qui gèrera ce fichier, de toutes les données relatives aux femmes qui ont fait le dépistage, et à leur enfant. Le caryotype, les résultats des marqueurs sériques, mais aussi l'issue de la grossesse, c'est-à-dire si le bébé est né où si la mère a décidé d'avorter. Avec 20 autres parties, la fondation, qui avait déjà saisi le Conseil d'Etat, tente de faire annuler le décret et l'arrêté.

Dans son communiqué, l'association pro-vie dénonce la stigmatisation et la discrimination que cela constitue pour les enfants trisomiques, seule pathologie visée par ce décret. Cela créerait donc une "norme hygiéniste que les personnes qui ont un génome « déviant » ne respecteraient pas". Mais c'est aussi la vie privée des femmes et l'indépendance des médecins qui sont violées selon la fondation Jérôme Lejeune.

Et Jean-Marie Le Méné de dénoncer la mise en place d'un véritable eugénisme d'Etat : "Les responsables politiques [français] depuis 20 ans ont créé des obligations qui, prises dans leur ensemble, dessinent une intention et des réflexes collectifs conduisant à l’élimination en masse des enfants trisomiques. Aujourd’hui la mise en place d’un fichage national pour la trisomie 21, pathologie dont le diagnostic revêt une gravité particulière (décision de vie ou de mort) relève de cette même logique".

Le 25/07/2016

Valeurs Actuelles