Hollande-rio

Boulevard Voltaire

Par Caroline Artus * le 06/08/2016

La France est en guerre mais pour François Hollande, la vie se poursuit fort agréablement. Il est parti, pour 48 heures chrono, avec Anne Hidalgo à Rio.

C’est qu’il n’était pas question de la rater, la cérémonie d’ouverture : « Les Jeux olympiques et paralympiques sont un enjeu considérable pour la France », disait le Président, très à l’aise en costume de voyageur-représentant-placier (VRP), d’humeur joyeuse, dans l’avion, se voyant sans doute toujours en place, aux prochains JO. « Responsabilité », « honneur », « chance » pour la France : il n’allait certainement pas prendre le risque de s’en priver, n’est-ce-pas ? Tout de même, défendre la candidature de la France où le terrorisme frappera encore, une France en état de guerre pour longtemps, n’est-ce pas un peu étonnant, présomptueux, voire dangereux ? lui demande, en substance, le journaliste.

Mais pas du tout ! D’abord, « aucun pays n’est à l’abri » – c’est gai ! – et, de toute façon, « nous avons su accueillir dans des conditions de très grande sécurité de grands événements internationaux comme l’Euro, le Tour de France, Roland-Garros et la COP21. Certes, la menace est là mais notre pays est préparé pour y faire face. » Heu… et Nice ? Oublié, le 14 Juillet ? Ou doit-on tirer la conclusion d’un État compétent en matière de sécurité dès lors qu’il s’agit d’enjeux internationaux mais incompétent quand ils ne sont « que » nationaux ? D’un État qui sait protéger les puissants mais échoue avec les innocents ? Ou qu’une fête nationale se terminant par un massacre compterait moins que des manifestations, disons, plus prestigieuses ? Quel maladroit il fait, notre bon Président !

Non, s’il allait à Rio, c’est aussi parce que « nous avons été éprouvés et nous avons besoin de ces moments d’unité et de rassemblement », confiait-il encore, l’air grave.

Alors, rien de tel que des selfies par ci, des bons petits plats par là pour se requinquer le moral ! Sans parler de serrer la pogne à la quarantaine de chefs d’État ou représentants également présents : quel revigorant baume au cœur ! Il est vrai qu’avec une cote de popularité tombée 12 %, il le vaut bien. Une escapade en compagnie d’athlètes qui n’attendaient plus que ses encouragements pour donner le meilleur d’eux-mêmes, ça change des réunions de crise, des discours de deuil, des messes, des commémorations ou des visites à l’hôpital…

Vraiment pas son truc, d’ailleurs, les visites à l’hosto ! Dépêché à Nice, « il est resté cinq minutes, a fait trois photos avec des blessés » et hop ! « reparti », raconte Stéphane, le mari de Rachel, décédée. Qui, lui, n’ira pas à Rio.

Mais là-bas, le Président venu vendre la candidature de la France pour 2024 vante, emphatique, les valeurs des Jeux olympiques, les mêmes que celles de la République : fraternité, mérite, effort, partage, diversité, tolérance, bref, le fourre-tout habituel ! Dans un pays où la diversité ne rime pas vraiment avec sécurité, c’est bien un peu comique… Abordant, justement, cette question de sécurité, pour les rassurer, bombant le torse, il a même dit aux instances olympiques : « Daech ne nous impose rien. »

En termes d’événements nationaux, on veut bien le croire...

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.