Le Guen PS

RIP - Ci-gît le Parti socialiste. Heure du décès : 21h13 le 31 août 2016. C'est Jean-Marie Le Guen, ministre socialiste de son état, qui enfonce le premier clou officiel dans le cercueil de son propre parti.

Vallsiste et tenant de l'aile droite du PS au sein du Pôle des réformateurs, le secrétaire d'État en charge des Relations avec le Parlement plaide, en ce moment funeste et sur BFMTV, pour "que la gauche se dépasse", afin de "rassembler le camp républicain" au sein d'une "nouvelle offre politique" qui aura pour but de "reconstruire la République". "Je pense qu'il faudra à un moment ou à un autre, et j'espère assez rapidement, dépasser les structures. Je pense que la structure Parti socialiste - ça a été dit d'ailleurs en son temps par Manuel Valls, par Jean-Christophe Cambadélis -, c'est une structure usée", explique alors posément Jean-Marie Le Guen.  

Et lorsqu'on lui fait remarquer que le Premier ministre lui-même avait jugé, il y a un peu plus de deux ans, que "le PS peut mourir" (la phrase exacte étant en fait "la gauche peut mourir"), il relance :

"Mais absolument et je pense que pour partie, il est déjà mort, si vous voulez. Bon. Il faut donc créer une nouvelle structure, d'un parti progressiste, républicain, qui soit en phase avec les besoins du pays."

"Pour partie déjà mort", voilà donc l'état de santé de l'un des principaux partis de gouvernement de France à huit mois de l'élection présidentielle. Une élection à laquelle l'ancien patron dudit parti et actuel chef de l'État devrait tenter de participer. Jean-Marie Le Guen, par ailleurs spécialiste des questions de santé publique, n'ajoute pas "mort-vivant" ou "en état de mort clinique", à vous donc de choisir le degré de gravité de la situation.

Notez qu'il n'en est pas à son coup d'essai en matière d'annonces funèbres de ce type. "Les communistes ne fêteront pas leur centenaire" qui doit avoir lieu en 2020, avait prédit Jean-Marie "croque-mort" Le Guen en mars 2015, enterrant de fait le PCF.

Pour en revenir à son avis sur le PS, le secrétaire d'État juge que ce dernier doit donc "se dépasser" pour faire face à un moment historique et aux "besoins du pays". Car la période actuelle lui en rappelle une autre :

"Ces besoins du pays, ils sont un peu à l'image de ce qui s'est passé au moment de la reconstruction du pays en 45. Nous avons besoin de reconstruire la République. Non pas parce qu'elle aurait été dégradée, mais parce qu'elle est attaquée. Elle est attaquée par l'extrême droite, elle est attaquée par des courants - minoritaires mais qui posent problème - de cet islamisme politique [...] dans nos quartiers."

"Il y a besoin de reconstruire une République plus efficace, un modèle social plus efficace, l'éducation plus efficace", martèle-t-il encore. Quelques instants plus tôt, il avait apporté cette précision qui ne surprendra personne à la lecture de ce qui précède : "Moi j'appartiens au Pôle des réformateurs où on dit clairement les choses."

Mais qui en doutait encore ?

François Lamy, député socialiste et très proche de Martine Aubry, a visiblement peu goûté ce propos de Jean-Marie Le Guen, qualifiant le membre du gouvernement de "branquignol"

Par Etienne Baldit le 01/09/2016

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