moutons

A trois jours de l’Aïd el Kebir où des dizaines de milliers de moutons vont être sauvagement égorgés (300 000 l’année dernière), le président de Vigilance Halal, évoque des conditions sanitaires à hauts risques et un gouvernement atteint de tremblante.

Alain de Peretti dénonce la conséquence directe de l’introduction en France de la fièvre catarrhale ovine (FCO) l’année dernière et soulève la question des abattoirs temporaires autorisés par l’Etat mais très mal contrôlés (notamment sur les risques de transmission de la maladie de Creutzfeldt Jakob par le « mouton fou »). L’association a demandé au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll le 6 juillet dernier, d’interdire purement et simplement ces abattoirs temporaires. Sans réponse du ministre, Vigilance Halal a déposé un référé devant le Conseil d’Etat le 6 septembre. Alain de Peretti doit être reçu le 9 septembre par le Conseil d’Etat.

« Lors de l’Aïd du 24 septembre 2015, 300 000 moutons environ ont été abattus, en majorité importés de zones “contrôlées” des Balkans infectées par le virus FCO ; les contrôles laxistes y permettent des trafics de moutons venant de Turquie et même au-delà », rappelle Alain de Peretti.

Pourtant début août 2015, la directive annuelle aux préfets concernant l’Aïd ne mentionnait pas le risque FCO. Le premier cas survient début septembre et seuls les éleveurs français seront concernés par les mesures de restriction des déplacements d’animaux. Un mois après le premier cas clinique, la moitié du territoire français est touchée

« Le virus pour l’instant épargne l’être humain », explique le Dr de Peretti, « mais on sait maintenant qu’il franchit la barrière d’espèces en provoquant des signes cliniques et mortels sur les carnivores et les rongeurs et que les éleveurs ayant eu la maladie dans leur troupeau présentent des anticorps, ce qui prouve un début de multiplication virale. Il suffirait de l’introduction d’une autre souche de virus FCO et qu’une recombinaison se produise pour qu’une nouvelle souche aux caractéristiques nouvelles apparaisse, contagieuse pour l’être humain. Et quand on sait que la FCO est de la famille des fièvres hémorragiques comme Ebola, il y a de quoi être inquiet ».

Comme le rappelle Vigilance Halal, un abattoir est une installation classée contrainte à des normes rigoureuses. Improvisés pour trois jours par des particuliers, soit sous tente dans des carrières ou des parkings, soit dans des bâtiments désaffectés ou voués à d’autres activités (usine de poisson, grange, centre équestre) ces abattoirs intermittents ne répondent pas aux normes. La méthode même de l’égorgement, outre le fait qu’elle soit pratiquée sans étourdissement, est dangereuse pour la santé, puisque les artères, la trachée et l’œsophage sont tranchés en même temps, ce qui multiplie les risques de contamination et d’agents infectieux, microbes, prions, staphylocoques sans parler des allées et venues d’un public nombreux au milieu des nuées de mouches attirées par l’odeur du sang et des excréments. Alors que la viande doit sortir de l’abattoir à la température de 7 °, c’est-à-dire après 24 heures de frigo ce qui permet de détecter des problèmes sanitaires, ici chacun repart avec sa carcasse fumante.

Rien à dire, c’est culturel…

Par Caroline Parmentier le 09/09/2016

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