Rachline Mairie Fréjus

Le maire de Fréjus et futur directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen a pour objectif de «dépasser les 51 %» en 2017.

Une élection présidentielle est toujours parsemée d'embûches. Pourtant, rien ne semble inquiéter David Rachline, sénateur FN du Var et maire de Fréjus où se tiennent «Les Estivales de Marine Le Pen» ce week-end. Alors que le FN a été éliminé, le 11 septembre, dès le premier tour d'une élection partielle dans le Lot-et-Garonne, il estime que ce scrutin a été touché par une «abstention massive» de l'électorat jeune et ouvrier, cœur de cible du FN. «Ils ne se mobilisent pas pour des élections qu'ils jugent subalternes», avance-t-il.

L'élu, figure du jeune marinisme engagé, ne voit pas non plus de menace dans la décision de Jean-Marie Le Pen de présenter des candidats sous son propre nom aux législatives. «Dans l'esprit des dirigeants, des militants et des électeurs, la page est tournée. Il ne faut pas se leurrer: nos électeurs veulent gagner. Pour que le FN puisse changer les choses, il doit atteindre plus de 50 % des voix. Et aujourd'hui, nous croyons Marine capable d'y parvenir», confie-t-il.

En vérité, si David Rachline, entré au FN à l'âge de 15 ans, du temps de Jean-Marie Le Pen, fait preuve d'une telle détermination, c'est parce qu'il a le sentiment que la fille du «Menhir» compte plus d'atouts que son père pour atteindre l'Élysée. Il vante sa «personnalité», salue son «énergie», loue son «message rassembleur» et «beaucoup plus efficace». À ceux qui lui opposent l'échec des régionales, là où, faute d'alliances, le FN s'est heurté à l'impossibilité de décrocher un exécutif local, il propose d'observer ces élections sous un autre angle. «Vous aurez noté la progression spectaculaire du FN lors de ces régionales. C'est cette dynamique dans laquelle je me place et qui est importante. Elle existe de manière incontestable depuis 2011, avec l'arrivée de Marine à la tête du parti. Notre objectif est de dépasser les 51 %. Certains croient cela impossible mais qui aurait imaginé nos scores spectaculaires dans les régions?»

Le sénateur, qui a arpenté le Var dans tous les sens en 2014 avant de gagner la mairie de Fréjus, ne croit pas au «plafond de verre» qui empêcherait le FN de gagner au second tour. Il mise sur la mobilisation des troupes et sur la qualité de la campagne à venir. Il croit à la singularité de son parti sur la scène politique. Les autres, dit-il, «s'étripent pendant que le FN travaille». Membre de la commission d'investitures du parti, il affirme aussi que des gens «en rupture avec la droite et la gauche» se rapprochent du FN parce qu'ils veulent être investis. «Dans le Var, il n'est pas impossible qu'un certain nombre de candidats, sans étiquette ou élus communaux, finissent par nous rejoindre», affirme-t-il, en se félicitant du ralliement, dans sa mairie, de Lydia Rigaill, conseillère municipale UMP. «Cela prouve que le rassemblement se fait par la base. On peut imaginer une majorité de patriotes à l'Assemblée», espère-t-il.

Marine Le Pen a décidé de confier la direction de sa campagne présidentielle à David Rachline, davantage d'ailleurs pour son profil consensuel et politique que technique. Essayant de concilier l'«affection» qu'il porte à Jean-Marie Le Pen et la fidélité qu'il a promise à la présidente du FN, le sénateur lâche enfin, sous la pression d'un militantisme à toute épreuve: «Marine Le Pen est enthousiasmante. Avec elle, on croit vraiment à la victoire.»

Par Emmanuel Galiero le 16/09/2016

Le Figaro