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Près de 2,5 millions de Berlinois se sont rendus aux urnes dimanche pour élire leur nouveau sénat. La capitale allemande a le même statut que les autres Länder du pays. Selon les dernières estimations, à 21h, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière allemande n'aurait recueilli que 17,9% des suffrages, en recul de plus de 5,4 points par rapport au dernier scrutin de 2011, alors que l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), fer de lance de l'opposition à la politique d'ouverture aux réfugiés dans le pays, fait son entrée dans le parlement local d'envrion 13,7% des voix.

Pour Angela Merkel, il s'agissait d'un nouveau test à un an de la fin de son mandat. Les chrétiens-démocrates s'etaient préparés à une nouvelle soirée difficile, un nouveau signe de défiance pour la chancelière qui avait accepté, vendredi, une première concession face à ses détracteurs. Critiquée pour sa politique migratoire, elle ne dira plus «nous y arriverons». Depuis un an, c'était sa phrase fétiche.

Frauke Petry, le visage de la droite radicale allemande

A Berlin, où l'on vote à la proportionnelle, la CDU quittera le gouvernement de coalition qui dirigeait la ville depuis 5 ans. Le maire SPD Michael Müller juge les différences avec les conservateurs trop importantes sur des questions de fonds, comme l'intégration ou la sécurité. Le parti social-démocrate (SPD) essuie lui aussi à Berlin de fortes pertes par rapport à 2011, mais plus limitées, et il arrive en tête du scrutin avec 22% des voix. Cela devrait permettre au maire actuel Michael Müller, membre de ce parti, d'être reconduit dans ses fonctions. Il a indiqué lors de la campagne vouloir former une coalition de gauche avec les écologistes, crédités dans les sondages sortie des urnes de 15,4% des voix, et la gauche radicale de Die Linke, autre parti populiste en Allemagne, qui progresse de quatre points environ avec 15,6% des suffrages, selon les sondages.

La principale surprise réside dans le score du parti anti-migrants AfD, fondé en 2013. Les dernières enquêtes d'opinion promettaient jusqu'à 14% à l'Alternative für Deutschland. Sans égaler les résultats obtenus en Mecklembourg-Poméranie occidentale, avec 21%, le parti populiste réalise une performance. Face à la progression de la droite radicale, même le légendaire club Berghain était sorti de sa réserve pour appeler les électeurs à faire barrage aux populistes.

Par Nicolas Barotte le 16/09/2016

Le Figaro