Douaniers Jura

Mercredi, la décision sera officielle: plusieurs brigades douanières vont définitivement fermer. Il s’agira dans un premier temps de celle de Cluses qui compte 10 agents ainsi que de celle, plus proche de la frontière, d’Annemasse (11 agents). D’ici à la fin de l’année suivra la brigade de Gex. Une décision du gouvernement français que déplore le secrétaire régional Force ouvrière Douane Léman, Alain Court.

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Il rappelle le rôle de ces brigades: «Elles faisaient ce que l’on appelle dans le jargon de la volante», soit des contrôles inopinés en fonction d’éléments d’information. «Ces brigades ont vu leurs effectifs diminuer progressivement depuis plus d’une décennie, souligne Alain Court. Aujourd’hui, c’est l’épilogue

Cette restructuration s’inscrit dans le cadre du projet stratégique douane 2018. Aux yeux du gouvernement, il s’agit non pas de suppression mais de regroupement d’Annemasse avec Gaillard d’un côté et de Gex et Ferney de l’autre. Le but: «Resserrer le maillage des brigades terrestres pour augmenter leurs capacités opérationnelles

La proximité de Genève

Le discours ne convainc pas les syndicats. «On a alerté plusieurs fois le gouvernement, précise Alain Court. Si on supprime des brigades, cela diminue forcément la couverture du territoire. Les agents ne peuvent pas être partout!»

Il n’est pas le seul à s’être inquiété de la situation. Les deux députées des secteurs concernés, Virginie Duby-Muller coté Haute-Savoie et Stéphanie Pernod-Beaudon pour l’Ain, avaient interpellé le ministre de l’Intérieur dans une missive datant de fin juin, craignant des «conséquences importantes en matière de lutte contre la fraude (stupéfiants, armes, contrefaçons, blanchiment)».

Et le duo de préciser: «La proximité de notre territoire avec le canton de Genève et la ville de Lyon en fait un carrefour privilégié de la délinquance, des contrefaçons, trafics et fraude. De plus, la constante augmentation des flux transfrontaliers qui s’exacerbera encore davantage avec la mise en place du Léman express entraînera un développement indubitable des infractions.»

«Structures plus efficaces»

Ce à quoi le gouvernement français, sous la plume du secrétaire d’Etat chargé du Budget Christian Eckert, a répondu fin août: «La mise en œuvre de ces mesures ne se traduira pas par moins de douane dans ce territoire mais par des interventions adaptées aux nouveaux dispositifs tactiques, conduites par des structures plus étoffées et donc plus efficaces

Là encore, le syndicaliste s’inscrit en faux, précisant que les fonctionnaires des BSI d’Annemasse ou Gex ont deux ans pour trouver une solution de reclassement (mutation, départ volontaire…) mais ne seront pas forcément affectés à Vallard ou à Ferney. «Ces deux brigades situées aux postes douaniers ont elles aussi connu une forte baisse des effectifs ces dix dernières années, stipule Alain Court. Elles viennent juste d’être renforcées dans le cadre du plan d’urgence et comptent aujourd’hui une trentaine d’agents chacune. Ce qui est tout juste suffisant pour assurer le tournus à ces postes fixes

Refusant pour sa part de commenter les décisions gouvernementales françaises, l’adjudant Michel Bachar, chargé de communication du Corps des gardes-frontière de Genève, souligne néanmoins l’efficacité des volantes. «C’est grâce à ce système que nous avons par exemple saisi pas moins de 360 kilos de tabac à narguilé en 2015 que le chauffeur exportait sans annonce en France

(TDG)

Le 30/09/2016

La Tribune de Genève